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Singapour : des bidonvilles à la stature mondiale

Rapport sur le développement dans le monde 2009: Repenser la géographie économique
Available in: Português, Español, English

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Singapore À l’époque de l’indépendance en 1965, 70 % des familles de Singapour vivaient dans des conditions de surpeuplement déplorables, et un tiers de sa population squattait à la périphérie de la ville. Le taux de chômage atteignait en moyenne 14 %, le PIB par habitant était en-dessous de 2 700 dollars et la moitié de la population était analphabète. Une chute des taux de mortalité et une migration de la péninsule malaise engendraient une croissance rapide de la population, augmentant davantage la pression tant sur le logement que sur l’emploi. 600 000 logements supplémentaires étaient requis, et l’offre du secteur privé en comportait moins de 60 000. Un compte rendu de cette période nous provient d’un visiteur contemporain à Singapour.(a)

Les allées couvertes sont souvent envahies d’échoppes de marchands et de bric-à-brac. Du linge est suspendu à des perches poussées hors des fenêtres aux étages au-dessus, comme dans le vieux Shanghai. Voilà Singapour, au début des années 70. Nous étions tous anéantis à l’époque, nous qui n’y vivions pas. De 1871 à 1931, la population chinoise de la ville est passée de 100 000 à 500 000 habitants. En 1960, d’après les estimations, plus de 500 000 Chinois vivaient dans des conditions similaires à celles des bidonvilles, à l’intérieur des maisons. Équipés simplement d’une cuisine et d’une salle de bain, les « shophouses » étaient conçus pour deux familles élargies tout au plus. Après de nombreux cloisonnements, beaucoup d’entre eux abritaient jusqu’à 50 individus.

Aujourd’hui, moins de 40 ans plus tard, les bidonvilles de Singapour ont disparu. À leur place se trouve l’une des villes les plus propres et les plus accueillantes au monde. Ses secrets ? Tout d’abord, des réformes institutionnelles ont fait connaître le gouvernement pour son sens de responsabilité. Ensuite, le gouvernement est devenu un important fournisseur d’infrastructures et de services. Le manque de terres a rendu la bonne gestion de l’aménagement du territoire impérative. Des plans pluriannuels ont été élaborés, appliqués et actualisés. Finalement, la Commission du logement (HDB) a été mandatée pour entreprendre un vaste programme d’éradication des bidonvilles, de construction de logements, et de rénovation urbaine. Les logements publics ont été une partie intégrante de tous les projets d’aménagement. À l’apogée du programme, HDB construisait un nouvel appartement toutes les huit minutes. Maintenant, 86 % de la population de Singapour vit dans des habitations construites par l’État. La plupart des habitants sont propriétaires de leur logement, encouragés à leur acquisition par des fonds spéciaux pour le logement financés par l’Employees Provident Fund, un plan de retraite obligatoire. Des terres viabilisées ont été mises à disposition. À travers la loi d’amalgamation des terres (Land Amalgamation Act), le gouvernement a pris possession de près d’un tiers des terrains urbains. Les habitants des bidonvilles ont été transférés dans des logements publics.

Pour une ville-État dans une région pauvre, il n’est pas exagéré d’affirmer qu’une urbanisation efficace a été à l’origine des taux de croissance annuels de 8 % en moyenne au cours des années 70 et 80. Elle a nécessité une combinaison d’institutions de marché et de fourniture de services sociaux, d’investissements stratégiques dans les infrastructures et de logements améliorés pour les habitants des bidonvilles.

Sources: Yuen 2004, Yusuf et Nabeshima 2006.
a. Cockrem 2007.




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