Click here for search results

Newsletter

Site Tools

Pourquoi l’Afrique est tributaire des coûts commerciaux

Available in: العربية, English, Español
African market (trade facilitation)


Ressources

small black arrow

Rapport (PDF)   (a)

small black arrow

Site web :  facilitation et  coûts commerciaux (a)

small black arrow

Les Indicateurs du commerce mondial 2008 (a)

small black arrow

Les Indicateurs Doing Business

small black arrow

Fiche thématique : Le commerce


La part de l'Afrique dans les exportations mondiales a reculé de deux-tiers environ en l'espace de 30 ans

Le 17 juin 2008— Le commerce international et les investissements ont connu une forte expansion au cours des dernières décennies. Mais en Afrique subsaharienne, une région entravée par l'instabilité politique et les problèmes de gouvernance, le manque d'investissements étrangers et d'autres barrières commerciales, c'est l'inverse qui est observé.

La part de l'Afrique dans les exportations mondiales a chuté de près de deux tiers en une trentaine d'années, passant de 2,9 % en 1976 à 0,9 % en 2006. Si sa part était restée au même niveau que dans les années 70, ses recettes d'exportation seraient environ 10 fois plus élevées que leur valeur actuelle.

De plus, alors que d'autres régions ont accru leur part d'exportations hors pétrole au cours des vingt dernières années, le pétrole continue à dominer les exportations de l'Afrique subsaharienne.

« Si les pays africains ne participent pas plus au commerce mondial, les progrès en termes de croissance et de réduction de la pauvreté seront toujours retardés », a déclaré John S. Wilson, économiste en chef du Groupe de recherche pour le développement à la Banque mondiale.

Lors d'un atelier organisé le 31 mai 2008 à Entebbe, Ouganda, par le Groupe de recherche pour le développement de la Banque mondiale et l'African Economic Research Consortium (AERC) (a) , et parrainé par le ministère du Développement international britannique et un Projet sur la facilitation et les coûts commerciaux doté d'un fonds d'affectation spéciale, plus de 100 participants originaires d'Afrique, d'Europe et des États-Unis ont discuté des problèmes liés au futur essor commercial de l'Afrique. Ils ont notamment examiné le rôle joué par l'abaissement des coûts commerciaux dans l'expansion commerciale et la réduction de la pauvreté.

Après le discours d'ouverture de William Lyakurwa, directeur administratif de l'AERC, et d'Olu Ajakaiye, directeur des recherches de l'AERC, les participants ont discuté des principales difficultés qui contribuent aux coûts élevés des transactions commerciales de la région, notamment le mauvais état des infrastructures, les contraintes géographiques et d'autres entraves au progrès.

Retour en haut de la page

Le coût élevé des transactions commerciales constitue un obstacle majeur

Les coûts élevés des transactions commerciales - pour le transport des marchandises et le franchissement des frontières - ont un impact négatif sur les perspectives d'expansion du commerce africain, limitant ainsi la compétitivité des producteurs.

Même si la réduction des autres obstacles aux échanges, comme les tarifs douaniers, reste un élément important qui doit figurer dans la politique de libéralisation à venir, la plupart des pays africains ne bénéficieront pas des réformes tant que les coûts commerciaux ne seront pas réduits, comme l'explique un rapport (a) présenté lors de l'atelier par Alberto Portugal-Perez et John S. Wilson, de la Banque mondiale.

Africa Trade - price of crossing border - small

Cliquez ici pour agrandir l'image

Les goulots d'étranglement immatériels, tels que les contraintes réglementaires et administratives au transport et au transit, doivent également être réduits. Les procédures douanières, les régimes de remboursement des droits de douane et d'autres exigences augmentent les coûts des échanges. Les indicateurs Doing Business  de la Banque Mondiale font apparaître que le nombre de jours nécessaires pour effectuer les procédures d'importation et d'exportation dans les pays africains est un des plus élevés dans le monde entier.

L'amélioration du climat des affaires lié au commerce est une mesure qui attirera les entreprises sur le marché de l'exportation et stimulera la productivité industrielle, d'après Lawrence Edwards, professeur à l'université de Cape Town.

Un autre intervenant de l'atelier, Tendie Mugadza, de l'université de Cape Town, a affirmé que le flux des échanges commerciaux en Afrique pourrait fortement augmenter si les pays africains amélioraient les indicateurs de renforcement des capacités liées au commerce dans trois domaines : les institutions, les infrastructures et le capital humain.

Retour en haut de la page

Les exportations jouent un rôle important dans la lutte contre la pauvreté

Une présentation et un rapport de Guido Porto, économiste du Groupe de recherche pour le développement de la Banque, a souligné le fait que les coûts élevés des activités commerciales empêchent la pleine réalisation du potentiel offert par le commerce et peuvent ralentir l'effet des possibilités d'exportation sur la réduction de la pauvreté, comme la cherté des prix mondiaux pour les principaux produits agricoles et minéraux.

Dans de récents travaux de recherche, M. Porto indique que les exportations jouent un rôle important dans la réduction de la pauvreté. Les fermiers qui peuvent cultiver des denrées d'exportation à haut rendement sont, en moyenne, moins pauvres que ceux qui se livrent à une agriculture de subsistance. Dans une autre étude sur le même sujet (2008), MM. Balat, Brambilla et Porto ont montré que les ménages ougandais produisant des cultures d'exportation, comme du café, du thé, du coton et des fruits, risquaient moins d'être pauvres que ceux qui ne participaient pas aux marchés à l'exportation. Ils ont constaté que le doublement de la participation aux exportations réduirait de 13 % la pauvreté.

Des exemples de mesures qui pourraient être mises en place par des politiques judicieuses comprennent le réseau routier, les renseignements à caractère commercial, l'investissement étranger direct et des modèles pour agriculteurs - en plus d'un meilleur accès aux marchés étrangers.

Retour en haut de la page

L'infrastructure pèse également sur les coûts commerciaux en Afrique

L'atelier a également abordé la situation de l'infrastructure et son impact sur le commerce en Afrique. L'Afrique renferme quinze pays enclavés qui n'ont aucun accès direct à des ports maritimes.

Bien que Baltimore, un grand port américain, soit à environ la même distance de Mbabane, la capitale du Swaziland sans accès à la mer, que de Durban, un port d'Afrique du Sud, les coûts d'expédition d'un conteneur normalisé de 12,2 m de Baltimore à Mbabane sont cinq fois plus élevés que ceux pour aller à Durban.

Pour surmonter les coûts élevés du transport intérieur, des améliorations sont nécessaires dans deux domaines essentiels - l'infrastructure physique (en supposant que les coûts donnent lieu à des avantages importants), ainsi que les pratiques administratives et la stabilité politique dans ces pays.

Africa trade story road

Un réseau routier transafricain ?

Des travaux de recherche effectués par MM. Buys, Deichmann et Wheeler font apparaître les énormes avantages sur le plan commercial que l'on pourrait retirer de l'investissement et de l'entretien d'un réseau routier transafricain. Le réseau qu'ils proposent relierait 83 grandes villes, aurait une longueur d'environ 100 000 km et pourrait accroître le montant des échanges de 250 milliards de dollars sur une période de 15 ans.


Andreas Kopp, économiste en chef du service des transports à la Banque, a noté l'importance que revêt l'entretien des infrastructures et le fait que l'insuffisance des capitaux consacrés à l'entretien de ces infrastructures en Afrique subsaharienne entre 1970 et 1989 avait causé une perte estimée à 45 milliards de dollars de la valeur du réseau routier. Selon lui, cette perte aurait pu être évitée si la somme de 12 milliards de dollars avait été consacrée aux frais d'entretien.

Les travaux effectués par MM. Njinkeu, Wilson et Powo-Fosso (2008), mentionnés lors des discussions qui ont eu lieu à Entebbe, illustrent eux aussi l'importance de l'infrastructure dans les coûts commerciaux. Les auteurs analysent l'impact de la réforme dans quatre catégories de mesures de facilitation du commerce : l'efficacité portuaire, l'environnement douanier, l'environnement réglementaire et l'infrastructure des services ; d'après eux, ce sont l'environnement douanier et l'environnement réglementaire qui constituent les principaux obstacles au commerce intra-africain.

Retour en haut de la page

Les facteurs qui signalent la croissance future de l'Afrique sont en vue

L'atelier a également examiné quelques facteurs qui devraient permettre une expansion des opportunités commerciales par le biais d'une facilitation du commerce et une baisse des coûts des transactions. Un certain nombre de pays africains ont commencé à diversifier leurs exportations au lieu de compter uniquement sur quelques denrées brutes. Les exportations comprennent de plus en plus de produits de l'industrie légère, de produits alimentaires transformés et de services tels que le tourisme et les centres d'appel.

Malgré un grand nombre de contraintes, l'Afrique peut recéler de bonnes perspectives de croissance. Les pays exportateurs hors pétrole enregistrent une croissance solide, en partie en raison des augmentations des prix mondiaux pour d'autres produits primaires, et les prix ne devraient pas baisser fortement au cours des années qui viennent.

Les réformateurs dans la région prennent également des mesures visant à abaisser les coûts commerciaux, à mettre en œuvre une réforme de la réglementation et à établir une coopération régionale pour réduire les frais. La poursuite des réformes dans ce domaine devra faire partie de tout programme de développement pour les années à venir.

Retour en haut de la page

Photos : Curt Carnemark, Ppmaker2007 (Dreamstime.com)



Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/RNIPV85VU0