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Changement climatique : incidence probable sur les récoltes, le bétail et les types d’exploitation fermière en Afrique

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Cattle in Africa


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Document de recherche le changement climatique en Afrique (a)

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Site sur le Changement climatique (a)


Green bullet  Définir un cadre pour apporter une réponse au changement climatique en Afrique
Green bullet
  Future répartition des cultures en Afrique 
Green bullet
  Effet du changement climatique sur les décisions concernant le bétail
Green bullet  La répartition des types d’exploitation va-t-elle évoluer ? 
Green bullet  Orientations de la recherche pour l’avenir

Définir un cadre pour apporter une réponse au changement climatique en Afrique

5 Juin 2008 — Pour que les responsables politiques soient en mesure d’apporter une réponse appropriée au changement climatique, il faut qu’ils puissent convenablement évaluer les manifestations multiformes du réchauffement de la planète.

De nouvelles recherches entreprises sous l’égide de la Banque mondiale ont permis, pour la première fois, de mesurer l’impact du changement climatique sur le revenu net des agriculteurs tant pour les récoltes que pour le bétail sur 16 zones agro-écologiques en Afrique.

L’équipe de chercheurs Seo, Mendelsohn, Dinar, Hassan et Kurukulasuriya démontre que les revenus des agriculteurs en Afrique dépendront étroitement du climat et pourront être sérieusement mis en péril si les scénarios de changements climatiques extrêmes devaient se réaliser.

Les agriculteurs seront capables de s’accommoder — voire même de tirer parti — de changements climatiques légers ou modérés en mettant en œuvre différentes mesures d’adaptation, notamment en sélectionnant différentes espèces végétales ou de races d’animaux ou en procédant à un arbitrage différent entre culture et élevage.

Selon les conditions climatiques, la sélection de races de bétail appropriées pourrait apporter une plus grande flexibilité à certains agriculteurs et leur permettre de compenser les pertes de revenus subies sur les récoltes.

« La question clé est de déterminer si les agriculteurs ont accès aux meilleurs moyens de s’adapter au changement climatique dans leur contexte local », soutient Ariel Dinar, économiste en chef du Groupe de recherche pour le développement à la Banque mondiale.

« Dans le cadre de l’aide apportée aux agriculteurs pour s’adapter, les responsables politiques devraient cibler en priorité les zones les plus vulnérables d’un pays, en tenant compte de leur population, de la volatilité des revenus et de l’envergure des problèmes ».

Les effets du changement climatique ne se feront pas sentir de manière uniforme sur l’ensemble de l’Afrique

Les exploitations situées dans certaines zones agro-écologiques y gagneront tandis que celles situées dans d’autres zones y perdront.

savannah
Par exemple, les exploitations situées dans les zones de savane humide ou sèche seront affectées par une hausse de la température et une diminution des pluies...

women farming
...alors que les exploitations situées dans les zones de forêt humide y gagneront, même si le changement climatique est considérable.

Carte détaillée des zones agro-écologiques d’Afrique (a)

 

Dinar et ses collègues ont travaillé sur un échantillon de plus de 9 000 agriculteurs dans 11 pays d’Afrique — analysant leurs modalités actuelles d’adaptation à la variabilité du climat — et se sont appuyés sur la classification FAO des zones agro-écologiques pour formuler leurs conclusions.

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Future répartition des cultures en Afrique

La répartition future des récoltes en Afrique dépendra du scénario de changement climatique qui se réalisera:

  • dans l’éventualité d’un climat plus chaud et sec, les agriculteurs cultiveront plus de fruits et de légumes dans les zones traditionnellement humides de l’Afrique, mais moins dans les régions de plaines semi-arides ;
  • dans l’éventualité d’un climat tempéré et humide, les agriculteurs cultiveront plus de millet, sauf dans les savanes sèches et les zones de plaines semi-arides ;
  • dans tous les scénarios, le maïs sera moins cultivé, quelles que soient les zones ;
  • la culture du blé régressera sur l’ensemble de l’Afrique consécutivement au réchauffement du climat.

Dans la mesure où ces simulations sont fondées sur les types de décisions que les agriculteurs prennent d’ores et déjà, ces informations sont potentiellement très utiles pour les responsables politiques. Elles pourraient les aider à planifier les infrastructures, les institutions et les financements qui peuvent se révéler nécessaires à l’avenir.

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Effet du changement climatique sur les décisions concernant le bétail

Les agriculteurs fondent leurs décisions concernant le bétail sur le climat. Pour s’adapter à la hausse des températures, les agriculteurs feront plus d’élevage et devront choisir d’autres races de bétail. Cependant, si le volume des pluies augmente, ils élèveront moins de bétail.

Les résultats de la recherche mettent en évidence que :

  • lorsque la température augmente, les agriculteurs africains ont tendance à délaisser l’élevage des poulets, des bœufs et des vaches laitières pour celui des chèvres et des moutons ;
  • lorsque le volume des pluies augmente, ils ont tendance à délaisser l’élevage des bœufs, des vaches laitières et des moutons pour celui des chèvres et des poulets ;
  • en conséquence du changement climatique, l’élevage de bétail va s’accroître dans l’ensemble de l’Afrique, déserts exceptés ;
  • dans l’éventualité d’un climat très chaud et sec, la plus forte progression d’élevage de bétail se produira dans les zones d’altitude plus élevée.

Le choix des espèces diffère selon les zones agro-écologiques. Par exemple, dans un scénario tempéré et humide, l’élevage de moutons diminue dans les déserts, les zones de haute altitude et les régions de plaines humides, mais s’accroît en Afrique occidentale et dans les régions de moyenne altitude en Afrique australe.

« En plus de prendre en compte les choix variables opérés selon les zones pour s’adapter, les responsables politiques doivent aussi tenir compte de l’évolution des cours mondiaux du bétail ainsi que des changements locaux affectant la population, le revenu et le niveau de développement », indique Robert Mendelsohn de l’École d’études forestières et environnementales de l’Université Yale. 

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La répartition des types d’exploitation va-t-elle évoluer ? 

Le choix opéré par les agriculteurs quant au type d’exploitation dépend du climat, et les décisions portant sur le type d’exploitation évolueront donc probablement de pair avec les changements climatiques. Les changements climatiques à venir vont de fait modifier la répartition des types d’exploitation sur l’ensemble de l’Afrique.

Par exemple, les simulations montrent que des températures plus élevées dans les zones d’altitude moyenne ou haute favoriseront le choix d’exploitations tirant parti des eaux de pluie et pratiquant à la fois la culture et l’élevage.

Le fait de connaître la probabilité de sélection d’un type d’exploitation donné dans chacune des zones agro-écologique sur l’ensemble de l’Afrique aidera les responsables politiques à intégrer des mesures incitatives dans leurs programmes politiques pour encourager les agriculteurs à évoluer vers certains types d’exploitation en fonction des changements climatiques, ce qui devrait leur permettre de maximiser leur rentabilité.

Orientations de la recherche pour l’avenir 

La recherche sur les zones agro-écologiques a jusqu’à présent pris pour hypothèse une stabilité de ces zones. Pourtant, dans la mesure où les zones agro-écologiques sont, par définition, fonction du climat, elles peuvent se métamorphoser suite aux changements climatiques.

Les recherches futures s’efforceront de déterminer l’impact des changements climatiques en mesurant leur incidence sur la probabilité qu’un endroit donné demeure dans la même zone. Si le réchauffement fait basculer des districts d’une exploitation très productive à une exploitation peu productive (ou vice-versa), il risque de faire des dégâts.


Les mutations de zones consécutives aux changements de climat affectent surtout les personnes pauvres, dans la mesure où elles peuvent dégrader ou améliorer la qualité et la mise en valeur des terres et être à l’origine de migrations. Mieux appréhender ces volets potentiels des changements climatiques est un élément essentiel de toute politique de l’Afrique rurale.

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Photos: Mike Brake | Dreamstime.com, Arne Hoel, Yosef Hadar

 



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