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L'aide en faveur des régions pauvres a-t-elle des effets durables ? Le cas de la Chine rurale.

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Dossier de recherche sur la pauvreté, avril 2007

On demande souvent aux organisations comme la Banque mondiale si elles savent ce qui est accompli grâce à l’aide au développement. L’aide financière fournie est-elle efficace ? Que rapporte exactement chaque dollar dépensé ?

Une évaluation à long terme d’un projet de la Banque mondiale dans une région rurale du Sud-Ouest de la Chine offre un exemple récent de ce type de travaux. L’évaluation, effectuée par le Groupe de recherche de la Banque sur le développement, a utilisé les données recueillies sur une période de dix ans par le Bureau national de statistique de la Chine pour les besoins d’évaluation de la Banque. Les ménages étudiés représentaient deux types de villages – ceux qui avaient participé au projet et ceux qui n’y avaient pas participé.

Dans cette évaluation, les chercheurs Chen, Mu et Ravallion ont réalisé la première étude rigoureuse jamais effectuée sur les effets à long terme d’un vaste programme de développement — au niveau des villages et des ménages — dans une région à faible revenu.

Liens connexes

Note de recherche (a) de Chen, Mu et Ravallion sur cette question
Document de travail en anglais consacré à la recherche sur les politiques No 4084
Programme de recherche sur la pauvreté (a) — Banque mondiale

« Les travaux de recherche qui évaluent les projets sont importants parce que les connaissances que nous en tirons permettent à la Banque d’accorder des prêts au développement en meilleure connaissance de cause », a déclaré L. Alan Winters, directeur du Groupe de recherche sur le développement.

Un auxiliaire médical
Un auxiliaire médical devant un dispensaire villageois construit dans le cadre du projet

Le projet de réduction de la pauvreté dans le Sud-Ouest de la Chine a-t-il produit un effet durable ?

À la fin des années 90, le projet de réduction de la pauvreté dans le Sud-Ouest de la Chine a lancé une série d’interventions basées sur la participation communautaire et la sélection d’activités dans des domaines tels que l’agriculture, l’élevage, l’infrastructure et les services sociaux.

Comme d’autres projets de ce type, ce projet visait à faire reculer sensiblement et durablement la pauvreté. Il couvrait les provinces du Guangxi, du Guizhou et du Yunan — l’une des régions les plus pauvres de la Chine qui compte une population de 120 millions d’habitants sur une superficie de 800 000 kilomètres carrés.

 

 

 

 

 

 

 



Pour lutter contre la pauvreté, la Chine mène depuis plus de 20 ans des programmes axés sur les régions démunies en raison de la mauvaise répartition géographique des résultats de la lutte contre la pauvreté. Les avocats de ces programmes affirment que les difficultés d’accès au crédit dans les régions pauvres perpétuent la pauvreté et que l’aide ciblée peut atténuer ces problèmes.

Les données d’enquête recueillies pour l’évaluation montrent que le revenu moyen des ménages dans les villages participant au projet a sensiblement augmenté entre 1995 et 2000 (la période de décaissement du projet). Les progrès ont été nettement plus marqués que dans les villages de contrôle, qui n’ont pas participé au projet.

Cependant, la plus grande partie de l’argent supplémentaire gagné à court terme a été dépensée au lieu d’être économisée. Le projet ne s’est donc pas traduit par une amélioration du niveau de vie dans les villages participant au projet.

La consommation a quelque peu augmenté à long terme, à la faveur de la légère hausse des revenus liée au projet.

Assistance financière et technique, mais sans garantie

Comme les autres projets de développement, ce projet a fourni une assistance financière et technique, mais non une garantie.

Nombre des activités du projet entraîneraient probablement des risques de revenu liés aux fluctuations climatiques, à l’incertitude qui pèse sur la demande de nouveaux produits et aux risques associés à l’émigration.

Les participants pensaient que la hausse des revenus pendant la période de décaissement serait sans doute passagère, ce qui explique le taux d’épargne élevé.
Quatre ans après la fin du décaissement du projet, les villages participants comme les villages de contrôle avaient enregistré des gains économiques appréciablesInterview par une chargée de recherche à la Banque, mais le revenu net moyen n’avait que légèrement augmenté grâce au projet.

Les résultats montrent également que les ménages pauvres mais relativement instruits ont enregistré une hausse de revenu plus sensible et plus durable, probablement parce que le projet leur a offert des possibilités d’investissement productif qui n’auraient pas été financées autrement, compte tenu de leur manque de liquidités.

Mais le processus de sélection communautaire des activités du programme n’a pas fait une place suffisante aux types de ménages qui se sont avérés être les « gagnants » relatifs du projet. Si les ménages à la fois pauvres et mieux instruits avaient été mieux pris en considération, le programme aurait produit un impact beaucoup plus significatif.

Shaohua Chen, chercheur à la Banque, interroge un participant au projet.

Enseignements à tirer pour les futures évaluations

 

 

 

 

 

 




Il y a plusieurs enseignements généraux à tirer de cette étude :

Investir dans la collection de données à long terme. Les auteurs montrent que les méthodes d’évaluation rapide utilisant un seul questionnaire à la fin du programme donnent lieu à d’importantes erreurs de rétrospection. Les réponses des personnes interrogées sur l’évolution de leurs conditions de vie accordent beaucoup trop d’importance aux conditions actuelles.

Tenir compte des mesures prises pour faire face aux risques non assurés. Les mesures prises par les participants face aux risques non assurés généralement associés à un projet de développement peuvent fausser l’évaluation. Par exemple, une évaluation qui prend uniquement en compte la hausse de revenu pendant la période de décaissement (comme c’est souvent le cas) peut donner une fausse image de l’impact véritable.

Surveiller les effets des autres dépenses de développement. Les auteurs ont constaté que les autres dépenses de développement avaient produit des effets secondaires sur les villages de contrôle. Les effets à long terme de projets de développement local peuvent être difficiles à détecter en raison des changements dans les dépenses locales de développement qui sont dus à l’aide extérieure.

Chercheurs
Shaohua Chen
est responsable senior de l’information pour le Groupe de recherche de la Banque mondiale sur le développement. Son domaine de spécialisation est la collecte de données sur la pauvreté dans les pays en développement, dont la Chine. Pour en savoir plus.

Ren Mu est économiste. Spécialiste de l’économétrie appliquée, elle a participé au projet en tant que consultante auprès du Groupe de recherche sur le développement.

Martin Ravallion est directeur senior de la recherche pour le Groupe de recherche de la Banque mondiale sur le développement. Il a plus de 20 ans d’expérience en matière de recherche sur la pauvreté et les politiques de réduction de la pauvreté. Il a fourni des conseils à divers gouvernements et organisations internationales dans ce domaine et est l’auteur de nombreux rapports économiques. Pour en savoir plus (a).


 


 




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