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À l’échelle mondiale, les envois de fonds des travailleurs émigrés dépasseront 530 milliards de dollars en 2012

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  • Les envois de fonds en direction des pays en développement se monteront à 406 milliards de dollars cette année en dépit de la crise économique mondiale
  • Le coût des envois de fonds reste élevé ; les bienfaits attendus des transferts par téléphone mobile ne se sont pas encore concrétisés
  • Les nouvelles réglementations américaines et européennes sur les envois de fonds renforceront la concurrence sur le marché et amélioreront la protection des consommateurs

20 novembre 2012 – D’après la dernière note d’information de la Banque mondiale sur les migrations et le développement, publiée aujourd’hui, les travailleurs migrants, qui font preuve de résilience face aux effets de la crise économique mondiale, auront probablement envoyé 406 milliards de dollars d’économies à leurs familles dans les pays en développement en 2012.

Les envois de fonds vers les pays en développement devraient progresser de 7,9 % en 2013, 10,1 % en 2014 et 10,7 % en 2015 pour atteindre 534 milliards de dollars cette année-là.

À l’échelle mondiale, les envois de fonds — y compris ceux à destination des pays à revenu élevé — devraient atteindre 534 milliards de dollars en 2012 et 685 milliards de dollars en 2015.

Toutefois, les régions en développement n’obtiennent pas toutes de bons résultats en 2012, car, après trois ans de crise, les immigrés travaillant dans les pays européens à revenu élevé sont soumis à des contraintes. Les pays d’Europe occidentale sont une des principales destinations des travailleurs migrants originaires d’Afrique subsaharienne et de la région Europe de l’Est/Asie centrale. Les envois de fonds destinés à ces deux régions se sont ralentis cette année : les transferts destinés à l’Afrique subsaharienne resteront inchangés (31 milliards de dollars), tandis que les envois en direction de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale se sont contractés de 0,9 % pour s’établir à 41 milliards de dollars.

En revanche, les envois de fonds continuent de croître fortement en direction de l’Asie du Sud, de la région Moyen-Orient/Afrique du Nord (MENA) et de la région Asie de l’Est/Pacifique, dont de nombreux ressortissants travaillent dans les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), où le niveau élevé des cours pétroliers stimule fortement l’activité économique.

S’agissant de l’Asie du Sud, les envois devraient atteindre 109 milliards de dollars en 2012, soit une hausse de 12,5 % par rapport à 2011 ; la région Asie de l’Est et Pacifique devrait recevoir des fonds d’un montant de 114 milliards de dollars, soit une augmentation de 7,2 % par rapport à 2011 ; enfin, MENA devrait recueillir 47 milliards de dollars, ce qui correspond à une progression de 8,4 % par rapport à l’année précédente.

Les rapatriements de salaires en Amérique latine et aux Caraïbes sont soutenus par le redressement de l’économie de la région et une certaine amélioration du marché du travail aux États-Unis, mais sont freinés par la faiblesse de l’activité économique européenne. En conséquence, la région Amérique latine et Caraïbes enregistrera probablement en 2012 une hausse plus modeste évaluée à 2,9 %, qui portera à 64 milliards de dollars le montant des envois de fonds provenant de l’étranger.

envois de fonds 2012 

À l’avenir, la Banque s’attend à une hausse continue des envois de fonds en direction de toutes les régions du monde bien que la persistance du chômage en Europe et le durcissement des comportements vis-à-vis des travailleurs immigrés dans certains endroits suscitent de sérieux risques de détérioration.

Il existe un autre obstacle à la croissance des envois de fonds : le coût élevé de ce type de transactions. Les frais de transfert étaient en moyenne de 7,5 % au troisième trimestre 2012 dans les 20 principaux couloirs d’envoi de fonds même s’il existe de grandes différences entre les pays. Par exemple, les frais étaient d’environ 5 % en moyenne dans les pays d’où émanent de gros volumes d’envoi de fonds, tels que les pays du CCG, les États-Unis et le Royaume-Uni, alors qu’ils étaient de 15 % en Allemagne. S’agissant de l’Afrique subsaharienne, le coût moyen des envois était de 12,4 %, niveau le plus élevé de toutes les régions en développement.


À l’avenir, la Banque s’attend à une hausse continue des envois de fonds en direction de toutes les régions du monde.


Les auteurs de la note d’information sur les migrations et le développement recommandent vivement que des mesures soient prises pour concrétiser les bienfaits attendus de l’envoi de fonds à l’aide de la téléphonie mobile — une technique très prometteuse en raison de l’explosion de l’utilisation des téléphones portables dans les pays en développement. Les envois de fonds internationaux par téléphone mobile, susceptibles d’accroître l’accès et d’abaisser les coûts, tardent à se développer en raison des divers obstacles réglementaires et opérationnels. Les envois de fonds par téléphone mobile souffrent du vide réglementaire existant entre la réglementation financière et la réglementation des télécommunications : de nombreuses banques centrales interdisent aux entités non bancaires d’offrir des services de dépôt et de retrait d’argent. Les banques centrales et les autorités chargées des télécommunications doivent donc se concerter pour élaborer des règles capables de promouvoir la banque à distance.

Acteur majeur dans le domaine des migrations et des envois de fonds, la Banque mondiale prépare une nouvelle initiative — l’Alliance mondiale pour le savoir en matière de migrations et de développement (Global Knowledge Partnership on Migration and Development, ou KNOMAD) —, dont l’objectif est de promouvoir un débat et des discussions pluridisciplinaires sur les questions de migration, d’élaborer des options stratégiques et d’aider les pays d’origine comme les pays d’accueil à mettre en œuvre des politiques pilotes.

La Banque s’efforce d’élaborer des instruments financiers visant à utiliser le levier des migrations et des envois de fonds pour financer le développement des pays. Ainsi, les titres financiers connus sous le nom d’« obligations de la diaspora » peuvent constituer de puissants instruments permettant de mobiliser l’épargne de la diaspora pour financer des projets concrets dans les secteurs public et privé et améliorer le profil de la dette des pays de destination. La Banque a créé un groupe de travail sur les obligations de la diaspora afin de fournir une assistance technique aux pays qui souhaitent utiliser ce type d’instrument pour financer des projets de développement.




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