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Examen des nouvelles questions de politique concernant le traitement du VIH/SIDA

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  • Demande accrue en matière de recherche
  • Questions relatives au traitement, à l’adhésion et à la prévention
  • Recherches en matière de VIH/SIDA menées au Rwanda en collaboration avec les partenaires locaux

1er août 2008 — L’augmentation des financements attribués aux programmes de traitement à grande échelle du VIH/SIDA s’accompagne d’une demande croissante en matière de recherches sur les interrogations qui se font jour concernant les politiques liées au traitement.

 

Parallèlement aux programmes conçus pour accélérer l’accès au traitement antirétroviral (TAR) et pour assurer des traitements au travers de partenariats entre entreprises des secteurs public et privé, les chercheurs de la Banque mondiale recueillent et analysent les données relatives aux nouveaux traitements en vue de découvrir des éléments susceptibles d’étayer les politiques de santé futures et d’améliorer la conception des programmes de traitement du VIH/SIDA.

 

Sur la base d’un financement continu (à elle seule, la Banque mondiale a engagé 1,5 milliard de dollars en faveur de plus d’une trentaine de pays d’Afrique subsaharienne depuis 2000) et de l’amélioration des connaissances grâce à la recherche, l’objectif ultime est de prévenir le développement de cette maladie afin qu’elle ne tue plus « en silence » et que son traitement soit accessible au plus grand nombre.

 

Voici un certain nombre de questions de politique fondamentales relatives au VIH/SIDA auxquelles les chercheurs de la Banque mondiale tentent de répondre :

 

Pourquoi le traitement du VIH est-il si important ? 

Le VIH/SIDA touche la plupart des adultes en pleine maturité, limitant leur capacité à travailler et à assurer les besoins de leur famille, et contribuant aux taux élevés de décès prématurés dans les pays en développement.

 

Les recherches menées par la Banque mondiale ont déjà mis en évidence l’impact considérable du VIH/SIDA et du taux de mortalité adulte sur la pauvreté, le niveau de vie, le nombre d’orphelins et le niveau d’éducation dans les pays en développement les plus touchés par la maladie.

 

L’intensification des efforts en matière de traitement des patients atteints du VIH semble avoir de multiples répercussions, non seulement sur les patients eux-mêmes, mais aussi sur l’ensemble des personnes qui en dépendent.

 

« Le traitement du VIH/SIDA ne se limite pas au simple décompte des vies sauvées, aussi important que cela puisse être » a déclaré Elizabeth King, responsable de l’équipe de recherche chargée du développement humain et des services publics au sein du groupe de recherche et développement de la Banque. « Il s’agit également d’améliorer la qualité de vie des personnes infectées par le virus et celle des membres de la famille qui partagent ce lourd fardeau. »

 

Quels facteurs déterminent l’adhésion au traitement contre le VIH ?

 

L’adhésion au traitement est essentielle pour en garantir l’efficacité. Cela permet également d’éviter que l’organisme du patient ne développe une résistance aux médicaments. Au travers de nouvelles enquêtes menées auprès des ménages, les chercheurs de la Banque mondiale tentent désormais d’identifier les facteurs qui déterminent l’adhésion au TAR.

 

D’autre part, les chercheurs font appel aux enquêtes menées par les établissements sanitaires pour évaluer la qualité des soins de santé. En effet, la qualité des prestations de santé est également susceptible d’influer sur l’adhésion au TAR et sur le bien-être des patients et de leurs familles.

 

Des études longitudinales concernant les patients atteints du VIH/SIDA ainsi que les établissements de santé sont en cours au Rwanda, au Burkina Faso, au Ghana, au Mozambique, au Kenya, en Afrique du Sud et en Inde.

 

La plupart de ces enquêtes de référence sont en cours ou achevées, comme l’indique ce tableau chronologique, mais le tableau complet ne pourra être dressé que lorsque les enquêtes complémentaires, menées actuellement, seront terminées.

 

[tableau chronologique de recherche]

 

La mise à disposition du traitement incite-t-elle les personnes à une moindre vigilance concernant leur protection ?

 

Le traitement contre le VIH/SIDA est désormais largement disponible en Afrique. Quel impact cette disponibilité a-t-elle sur la prévention et sur le comportement futur des patients, des membres de la famille et de la société dans son ensemble ?

 

Un phénomène de « désinhibition » (ou « optimisme lié au traitement ») a été constaté au sein de divers groupes vulnérables dans certains pays en développement. Certains groupes semblent faire preuve d’une moins grande prudence vis-à-vis de la transmission du VIH à mesure que le traitement devient davantage disponible et que les porteurs de la maladie sont mieux acceptés dans la société.

 

L’une des principales questions examinées par les chercheurs de la Banque mondiale est le lien entre le développement à grande échelle du traitement et le type de mesures de prévention susceptibles d’être requises. Parallèlement à l’accès au traitement, il pourrait être nécessaire de prévoir un renforcement des campagnes éducatives de prévention.

 

« Si l’accès au traitement et sa réussite ultime sont importants, il nous faut également trouver ce qui fonctionne en termes de prévention » a déclaré David Wilson, principal spécialiste des questions de santé au sein du programme mondial de lutte contre le VIH/SIDA mené par la Banque mondiale. « Les chercheurs tentent d’identifier et d’évaluer les messages de prévention les plus efficaces destinés aux jeunes, ainsi que diverses méthodes novatrices susceptibles de renforcer les efforts de prévention. »

 

Que savons-nous de la qualité des prestations de santé ?

 

« On estime généralement que les financements importants attribués au traitement du VIH ont permis d’améliorer les capacités du système de santé en général » a déclaré Damien de Walque, économiste du groupe de recherche et développement de la Banque, « mais certains estiment que d’autres pathologies ont été négligées. »

 

Pour dresser un tableau précis, les enquêtes menées par les établissements sanitaires comprennent des questions concernant l’ensemble des autres prestations assurées, ainsi que des entretiens menés auprès de patients atteints du VIH/SIDA et d’autres maladies.

 

Une évaluation est en cours au Rwanda pour tenter de déterminer si « la passation de marché basée sur les performances » (forme de financement liant les résultats aux paiements reçus pour les tâches accomplies) améliore l’état de santé des patients séropositifs.

 

Il s’agit d’une question de politique importante dans la mesure où ce type de financement devient de plus en plus apprécié et de plus en plus employé au sein du système de santé rwandais.

 

« Les données issues de cette évaluation permettront d’étayer le rapport de fin d’exécution concernant le projet VIH/SIDA au Rwanda qui a servi de pilote à l’approche de passation des marchés relatifs au traitement du VIH/SIDA » a déclaré Miriam Schneidman, spécialiste de la Banque mondiale en matière de santé pour la région Afrique. « Ces études sont essentielles pour évaluer l’impact de notre action opérationnelle. »

 

Recherche concernant le traitement du VIH/SIDA au Rwanda

School boy in Africa
"« [Mon fils] est le premier de sa
classe et obtient toujours les
meilleures notes.Il n’est
plus malade. »
-- Une mère rwandaise
séropositive qui aperdu son mari
atteint du SIDA

Sans le vaste programme de traitement entrepris par les autorités rwandaises, cette mère et son fils, tous deux séropositifs, n’auraient peut-être pas survécu. Tous deux reçoivent un traitement médicamenteux régulier et un soutien nutritionnel.

Outre le fait d’essayer de déterminer si la passation de marché basée sur les résultats améliore l’état de santé des patients séropositifs, l’enquête menée auprès des ménages du Rwanda a également permis de recueillir des données en vue d’étudier l’impact du TAR sur les patients et les membres du foyer.

Pour tenter de documenter l’impact précis du TAR sur le bien-être de la famille, les chercheurs recueillent des données concernant le marché de l’emploi et les indicateurs socioéconomiques du foyer, l’adhésion déclarée et perçue au traitement, les attitudes et perceptions concernant le traitement antirétroviral, les activités quotidiennes de l’ensemble des patients, les questions concernant la santé mentale des patients, les antécédents sexuels et le niveau de connaissance des risques liés au VIH/SIDA et aux MST.

Lorsqu’elle compare la vie d’un foyer comprenant un ou plusieurs patients porteurs du VIH à celle d’un foyer non touché, l’analyse, menée conjointement avec la Commission Nationale de Lutte contre le Sida au Rwanda (CNLS), révèle que les foyers comprenant un patient porteur du VIH :

  • Passent davantage de temps dans les établissements de santé
  • Sont davantage susceptibles d’avoir connu un autre décès dans la famille au cours des 5 dernières années,
  • Sont davantage susceptibles d’avoir été contraints de vendre des biens
  • Dépensent davantage pour les soins de santé et le transport
  • Ont eu moins de rapports sexuels au cours des 12 derniers mois et ont plus souvent utilisé un préservatif

« Le temps passé dans un établissement de santé est du temps perdu en termes de production économique, et l’argent consacré aux soins de santé et au transport, ainsi que la vente des biens, sont des signes d’appauvrissement » a déclaré le Dr Agnès Binagwaho, Secrétaire Exécutif de la CNLS au Rwanda.

« Il est important de continuer de placer la lutte contre le VIH/SIDA au cœur des efforts menés contre la pauvreté et en faveur du développement économique. Cette étude menée au Rwanda a renforcé notre stratégie dans cette direction » a-t-elle ajouté.

Par nature, toute étude consacrée au VIH est très longue. Les résultats de ces enquêtes seront disponibles en 2008/2009, et l’analyse complète devrait être publiée d’ici à la fin de l’année 2010.




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