Ressources

 

Fiche d’information: État d’avancement des ODM

État d’avancement des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM)

  • En 2000, plus de 34 millions d’enfants supplémentaires des pays en développement ont pu aller à l’école et achever leur scolarité primaire, ce qui représente l’expansion la plus considérable de l’histoire. Plus de 550 millions d’enfants ont été vaccinés contre la rougeole, d’où une réduction de 75 % de la mortalité associée à cette maladie en Afrique. Toujours dans les pays en développement, le nombre de sidéens ayant accès aux antirétroviraux est passé de 240 000 en 2001 à plus de 1,6 million au premier semestre 2006.
  • En revanche, toutes les régions accusent un retard en ce qui concerne l’objectif de réduction de la mortalité infantile, et plusieurs sont à la traîne sur certains des ODM au moins. Les deux régions les plus en retard sont l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne. Selon le Rapport de suivi mondial, fondé sur les données les plus récentes, l’effort massif engagé pour élargir la couverture pourrait se faire au détriment de la qualité.

Nutrition (ODM 1)

Près d’un tiers des enfants des pays en développement présenteraient une insuffisance pondérale ou un retard de croissance, et quelque 30 % de la population de ces pays souffriraient de carence en micronutriments. La sous-alimentation est la cause  sous-jacente de plus de 55 % des morts d’enfants, l’amélioration de la nutrition se trouvant ainsi directement reliée à la baisse de la mortalité infantile (ODM4). 

  • Les taux de malnutrition les plus graves sont enregistrés en Asie du Sud : la prévalence de l’insuffisance pondérale se situerait entre 38 et 51 % dans les grands pays (Afghanistan, Bangladesh, Inde et Pakistan) dont aucun n’est en passe de réaliser l’objectif fixé en matière de nutrition. 
  • En Afrique subsaharienne, la prévalence de la malnutrition chez les enfants est estimée à 26 % et, dans certains pays comme le Burkina Faso et la Zambie, la tendance semble s’aggraver. L’Asie de l’Est, l’Amérique latine et la région d’Europe orientale et d’Asie centrale ont de meilleurs résultats bien que des pays soient à la traîne dans toutes ces régions.

Éducation primaire pour tous (ODM2) 

Dans le monde, le taux d’achèvement de la scolarité primaire entre 2000 et 2005 est passé de 78 % à 83 %, et le rythme des progrès s’accélère dans nombre de pays. 

  • Les avancées sont particulièrement marquées en Afrique du Nord, en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Toutefois, il est peu probable que 38 % des pays en développement  parviennent à un taux d’achèvement total de la scolarité primaire d’ici 2015, et 22 % des pays qui ne disposent pas de données permettant de suivre les progrès seront probablement eux aussi à la traîne. 
  • Les groupes confrontés aux plus lourds obstacles pour l’achèvement de la scolarité primaire sont ceux « doublement désavantagés » : les filles appartenant à certaines castes ou à des minorités ethniques ou religieuses, soit les trois quarts des 55 millions de filles qui ne sont toujours pas scolarisées.
  • Selon de récents travaux de recherche sur les niveaux d’éducation, l’essor des inscriptions scolaires dans les pays en développement n’a pas systématiquement permis une amélioration de l’apprentissage. Favoriser l’accès à l’éducation reste un objectif important, mais la qualité des résultats obtenus est fondamentale.

Mortalité infantile (ODM 4)  

En 2005, seulement 32 pays sur 147 étaient en bonne position pour réaliser l’objectif de réduction de la mortalité infantile.  En outre, les taux de mortalité sont à l’arrêt ou en aggravation dans 23 pays.  Les problèmes sont particulièrement aigus dans les États vulnérables : près d’un tiers (31 %) de l’ensemble des morts d’enfants enregistrées dans les pays en développement surviennent dans des États vulnérables, et seulement deux des 35 États considérés comme tels seront en mesure d’atteindre ce quatrième objectif.

  • Les progrès de réduction de la mortalité infantile se font attendre en dépit de la disponibilité d’interventions simples et de faible coût. Selon les estimations, 63 % des décès d’enfants enregistrés chaque année pourraient être évités par la réhydratation par voie orale, les moustiquaires imprégnées d’insecticide, l’allaitement maternel et les antibiotiques actifs contre les maladies respiratoires. 

Santé maternelle (ODM 5)

Selon les plus récentes données de recensement, 27 pays en développement sur 32 ont enregistré au cours des dernières années une augmentation du pourcentage de naissances assistées par du personnel de santé qualifié, le Maroc, le Nicaragua, l’Indonésie et l’Égypte ayant enregistré des progrès notables dans ce domaine.

  • Faute de données directes sur la mortalité maternelle, il faut avoir recours à des mesures indirectes, notamment « l’assistance d’une sage-femme à la naissance ». Les données d’enquête attestant des progrès dans ces 27 pays montrent également qu’ils sont concentrés sur les ménages les plus riches : les inégalités sont plus marquées pour l’accès à l’aide de personnel obstétrical  que pour tout autre service de santé ou d’éducation.

VIH/SIDA, paludisme et tuberculose (ODM 6)

Selon les estimations, 39,5 millions de gens étaient atteints du sida à la fin 2006, soit une augmentation de 2,6 millions depuis 2004.  Trois millions de personnes seraient mortes du sida en 2006. 

  • Alors que la propagation du sida s’est ralentie en Afrique, la maladie prend des proportions épidémiques en Europe de l’Est et en Asie centrale. L’expérience acquise dans le combat contre le sida a livré plusieurs enseignements : la propagation de la maladie peut être enrayée, elle est efficacement traitée dans les pays en développement, mais les efforts de prévention doivent être intensifiés.

Selon les estimations, il y aurait chaque année entre 300 et 500 millions de cas de paludisme, et 1,2 million de décès imputables à cette maladie, principalement chez les enfants et en Afrique subsaharienne.

  • Plusieurs initiatives nouvelles pourraient s’avérer prometteuses dans la lutte contre le paludisme. Avec l’appui des Pays-Bas et de l’initiative Faire reculer le paludisme, le Programme renforcé de lutte contre le paludisme  — qui appuie les efforts engagés par les pays pour obtenir des résultats concrets et mesurables, comme la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticides et d’antipaludéens  aux jeunes enfants et aux femmes enceintes —  est à l’oeuvre dans 10 pays, et étendra son action à 20 pays au cours des cinq années à venir.

La tuberculose serait responsable de 2 millions de décès en 2004, et 9 millions de nouveaux cas auraient été enregistrés. 

  • L’incidence de la tuberculose est en recul dans cinq des six régions en développement, et l’augmentation du taux mondial annuel à 0,6 % peut être imputée à la propagation rapide des infections en Afrique subsaharienne où les personnes infectées par le VIH sont particulièrement vulnérables. Le traitement de brève durée sous surveillance directe (DOTS) s’est rapidement développé, et les pays présentant une forte charge de morbidité ont enregistré une régression de l’incidence de la tuberculose grâce à ce traitement (par exemple l’Indonésie et le Cambodge). 

Assainissement et adduction d’eau (ODM 7)  

Des progrès notables ont été enregistrés dans le monde en matière d’adduction d’eau ; l’accès à l’eau potable est passé de 71% en 1990 à 80% en 2004.

  • L’Afrique est sans conteste la région la plus en retard pour atteindre cet objectif. Toutefois, on enregistre plusieurs tendances prometteuses sur le continent : 17 des 36 pays pour lesquels des données sont disponibles ont réalisé les objectifs intermédiaires ou quasiment, et cinq des 10 pays qui enregistrent les progrès les plus rapides au monde sont des pays africains à faible revenu.
  • En revanche, l’assainissement n’a guère progressé, passant de 37% en 1997 à seulement 52% en 2004.  Seules deux régions (Asie de l’Est et Pacifique, et Amérique latine et Caraïbes) sont bien positionnées, ce qui est le cas d’un seul pays d’Afrique pour lequel on dispose de données. 
  • En dépit de son importance pour la réalisation de multiples autres objectifs, l’aide accordée aux projets d’assainissement et d’adduction d’eau a régressé du milieu des années 90 jusqu’à 2002, et n’est toujours pas revenue à son niveau de 2000.  

Les pauvres bénéficient-ils des progrès enregistrés en vue de la réalisation des ODM ?

Dans 21 pays pour lesquels des données sont disponibles, les taux de mortalité infantile sont de l’ordre de 70 naissances pour 1000 naissances vivantes pour le quintile le plus riche de la population, de 125  pour 1000 pour l’ensemble de la population, mais seulement de 48 naissances pour 1000 naissances vivantes dans le quintile le plus pauvre.

Les taux d’achèvement de la scolarité primaire sont en moyenne de 81 % pour le quintile au revenu le plus élevé, et de 55 % pour l’ensemble de la population ; ils sont en moyenne de 36 % pour les enfants appartenant au quintile le plus pauvre.

De même, 82 % des enfants du quintile supérieur et 69 % de tous les enfants ont été vaccinés contre la rougeole dans ces pays, contre seulement 59 % des enfants du quintile le plus pauvre.

Par ailleurs, dans les régions où l’offre de services s’améliore figurent de nombreux pays où les progrès touchant les enfants les plus pauvres sont égaux ou supérieurs à ceux concernant l’ensemble de la population:

  • 15 pays sur 17 sont parvenus à réduire la mortalité infantile ;
  • 14 pays sur 15 ont relevé les taux de vaccination contre la rougeole ; et,
  • 11 pays sur 13 ont amélioré leur taux d’achèvement de la scolarité primaire.

Financement des efforts engagés en vue de la réalisation des ODM

  • Les financements extérieurs pour la santé et l’éducation ont quasiment doublé en termes réels depuis l’adoption des ODM; au cours de la dernière année, l’aide à la santé a continué de croître, tandis que celle allouée à l’éducation a commencé à reculer.
  • Les dépenses publiques en matière de santé et d’éducation ont augmenté, en part du PIB, dans l’ensemble des régions, et plus particulièrement en Asie du sud où les dépenses publiques en faveur de l’éducation sont les plus basses au monde.



Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/KQPEPY79I0