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Afrique subsaharienne

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Portuguese
Croissance et réduction de la pauvreté
  • La croissance réelle du revenu par habitant dans les pays à faible revenu de la région est, depuis l’année 2000, plus forte qu’à toute autre période depuis les années 60. La croissance réelle du PIB par habitant devrait s’établir à 4 % en 2006.
  • En dépit de la forte croissance enregistrée dans certains pays, il reste peu probable que l’Afrique subsaharienne réalise le premier objectif de développement pour le Millénaire (ODM), qui est de réduire la pauvreté de moitié d’ici 2015.
  • La proportion de la population vivant dans l’extrême pauvreté a diminué de 4,7 points de pourcentage en cinq ans, passant à 41 % en 2004, mais compte tenu de la croissance démographique, le nombre réel de pauvres n’a pas changé—près de 300 millions. L’Afrique subsaharienne compte 30 % des personnes vivant dans le dénuement le plus complet au monde.

Progrès de la région vers la réalisation de l’ODM concernant la pauvreté, 1990-2004 ; prévision de 2015
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Poverty

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  • La forte croissance des pays à faible revenu de l’Afrique subsaharienne pourrait constituer, pour cette région, le signe d’une sortie possible de la stagnation prolongée dans laquelle elle se trouve. Il y a cependant des raisons de craindre que la croissance n’accuse un ralentissement dû au rétablissement disparate des équilibres mondiaux, au protectionnisme ou au comportement futur des cours mondiaux du pétrole ou encore à une pandémie mondiale de grippe aviaire.
  • Les institutions africaines sont en moyenne les plus défaillantes comparées à l’ensemble des régions—mais certains indicateurs donnent à penser que des progrès appréciables sont en cours dans plusieurs pays. Il ressort des enquêtes sur le climat d’investissement que, s’agissant des progrès dans ce domaine, les pays africains dont le rythme des réformes était le plus lent par le passé se classent en deuxième position, après la région Europe et Asie centrale.

États fragiles

Les perspectives de croissance renforcée et de réduction de la pauvreté ne sont pas partagées par un certain nombre d’États fragiles, où l’extrême pauvreté est croissante.

Bien plus de la moitié des États fragiles se trouve en Afrique subsaharienne.

Parité entre les sexes

  • Les progrès vers l’amélioration de la scolarisation des filles varient selon les pays. Des pays tels que le Botswana, le Rwanda et l’Afrique du Sud ont atteint les objectifs dans ce domaine. Toutefois, 16 des 22 pays peu susceptibles d’atteindre ces objectifs se trouvent en Afrique subsaharienne. Le taux d’achèvement du cycle scolaire primaire des filles dans la région, l’un des plus bas du monde en développement, s’élève à 57 %—inférieur de 10 points de pourcentage à celui des garçons.
  • L’accouchement chez les adolescentes peut présenter des risques de santé disproportionnés aussi bien pour la mère que pour l’enfant. La mutilation génitale des femmes, pratiquée dans plusieurs pays, vient accroître ces risques. En 2000-2004, la proportion d’adolescentes-mères (15-19 ans) était élevée dans des pays tels que le Mozambique (41 %), le Nigéria (25,2 %) et le Kenya (23 %). 
  • Le taux d’activité des femmes est élevé, mais elles ne représentent qu’environ 25 % des emplois salariés non agricoles. Et bien que le Mozambique, le Rwanda et l’Afrique du Sud aient imposé des quotas de représentation des femmes au parlement, la moyenne régionale dans ce domaine reste faible, à 15 %.

Progrès vers la réalisation des ODM liés au développement humain

  • La région n’a pas maintenu le cap sur tous les objectifs de développement humain, mais la situation varie largement selon les pays. Les États fragiles affichent des résultats plus faibles et des progrès plus lents que les autres pays.

Nutrition

  • Le taux de prévalence de la malnutrition infantile est estimé à 26 %, et dans certains pays comme le Burkina Faso et la Zambie la situation tend à empirer.

Éducation primaire pour tous

  • Le Bénin, la Guinée, Madagascar, le Mozambique, le Rwanda et le Niger se classent parmi les premiers au monde en matière d’élargissement de l’accès à l’enseignement primaire (de plus de 10 % par an entre 2000 et 2005).
  • C’est toutefois loin d’être le cas pour 33 des 38 pays africains dont les données sont disponibles. Le Malawi, la Mauritanie et la Namibie sont de ceux qui affichent les pires résultats.

Mortalité infantile

  • L’Afrique subsaharienne n’est pas sur la bonne trajectoire pour atteindre l’objectif fixé dans ce domaine. La mortalité infantile est en nette progression au Botswana, au Zimbabwe, au Swaziland et au Lesotho.
Eritrea

Affichant un revenu par habitant de seulement 190 dollars, l’Érythrée montre que des progrès rapides sont possibles.
Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans y a baissé de moitié entre 1990 et 2005, de 147 à 78 décès pour 1000 naissances. Ces progrès tiennent en grande partie au programme PCIME (prise en charge intégrée des maladies de l’enfant), qui comprend notamment la formation de 500 agents de santé à différents niveaux du système de santé à la gestion des cas de PCIME.Rapid progress is possible. 

USAID/Eritrea
  • L’un des succès de la région est la vaccination en masse des enfants contre la rougeole. Depuis l’année 2000, les décès dus à cette maladie ont diminué de 75 % dans la région.
     

Santé maternelle

  • Même dans des pays très pauvres comme le Bénin, le Cameroun, le Mali, le Mozambique, la Zambie et le Zimbabwe, au moins 90 % des naissances dans les classes les plus aisées bénéficient de l’assistance d’accoucheuses qualifiées—beaucoup plus que dans le quintile le plus démuni.

Lutte contre les maladies

  • En Afrique, le SIDA a fait reculer des décennies de progrès en matière d’espérance de vie et laissé des millions d’enfants orphelins.
  • À la fin de 2006, on estimait à 39,5 millions le nombre total de personnes vivant avec le VIH, soit 2,6 millions de plus depuis 2004, et 3 millions de décès dus au SIDA.
  • Si la propagation du SIDA a ralenti dans certains pays, la région demeure le centre de l’épidémie—comptant à peine plus de 10 % des pauvres du monde, mais près de 64 % des adultes porteurs du VIH et 90 % des enfants infectés. 
  • Environ 60 % des adultes séropositifs en Afrique sont des femmes.

HIV
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  • La propagation du VIH a ralenti en Afrique subsaharienne, mais beaucoup reste à faire au regard des estimations qui font état de 2,8 millions de nouvelles infections enregistrées en 2006. Voici quelques-unes des conclusions qui se dégagent :
    • Il est possible de faire reculer la propagation du VIH/SIDA. Les premiers signes de déclin de la prévalence du virus sont visibles au Kenya, en Ouganda et au Zimbabwe.
    • Le traitement est efficace dans le monde en développement ; l’ONUSIDA estime que l’administration à une plus grande échelle la thérapie antirétrovirale est à l’origine d’un gain de 2 millions d’années de vie dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire en 2005. 
    • Malgré l’élargissement de l’accès au traitement, les trois quarts des personnes atteintes de SIDA dans le monde en développement ne reçoivent pas de traitement.

Malaria

Quatre-vingt pour cent des 1,2 million de décès dus au paludisme surviennent en Afrique subsaharienne.

La Banque mondiale entend engager 500 millions de dollars sur les ressources de l’Association internationale de développement (IDA) pour soutenir le Programme renforcé de lutte contre le paludisme dans environ 20 pays.

  • Le taux d’accroissement annuel des cas de tuberculose dans le monde, de l’ordre de 0,6 %, est attribué à l’augmentation rapide de leur nombre en Afrique subsaharienne, associée aux infections latentes chez les porteurs du VIH.

Utilisation rationnelle des ressources

  • L’Afrique subsaharienne est la seule région qui soit loin d'être sur la voie d'atteindre l'ODM 7. Seulement 17 pays sur 36 (dont les données sont disponibles) sont presque ou totalement en bonne voie de parvenir à renforcer l'accès à un approvisionnement en eau amélioré. Parmi les pays dont les données sont disponibles, seul le Sénégal est sur la bonne trajectoire pour atteindre l’objectif en matière d’assainissement.

  • La dynamique de croissance de l’Afrique subsaharienne n’est pas soutenable. Son capital naturel (minéraux, combustibles fossiles, terre) s’amenuise progressivement sans pour autant que des investissements soient réalisés dans des domaines tels que le capital humain. En 1990-2005, le taux annuel de déboisement s’établissait à 0,6 %—un rythme plus accéléré que dans toute autre région.

Place de la qualité dans les progrès vers la réalisation des ODM

  • Si l’accès à l’éducation et à la santé est important, il n’en est pas moins de la place fondamentale que tient la qualité. Les résultats de plusieurs pays d’Afrique australe indiquent que moins de la moitié des enfants sont capables de lire à l’âge de 12 ans.
  • Et au regard du besoin pour l’Afrique d’employer, selon les estimations, 1 million de nouveaux agents de santé d’ici 2015, la qualité du système de santé mérite également une attention particulière.
Nécessité d’accroître et d’harmoniser l’aide
  • Il devient plus que jamais impératif de joindre les actes à la parole. Vu le rythme d’accroissement de l’aide, il est peu probable qu’elle double d’ici 2010. 
  • Hormis l’initiative pour l’allégement de la dette et d’autres initiatives spéciales, l’aide stagne ou baisse pour la plupart des pays d’Afrique subsaharienne.
  • Abstraction faite du Nigéria (qui a bénéficié d’un allégement de dette exceptionnel), l’aide publique au développement (APD) effectivement octroyée par les pays membres du Comité d’aide au développement (CAD) à la région a en réalité décru en 2005, et reste stable en 2006.

Aid
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  • Les bailleurs de fonds s’efforcent d’harmoniser l’aide certes, mais beaucoup reste à faire. Au Rwanda par exemple, la capacité du gouvernement à parvenir à une cohérence de ses politiques est compromise par le fait que 86 % de l’aide à la santé (destinée essentiellement à la lutte contre le VIH/SIDA et le paludisme) passent outre au ministère de la Santé..



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