Ressources

 

Moyen-Orient et Afrique du Nord

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Croissance et réduction de la pauvreté
  • La région Moyen Orient et Afrique du Nord (MENA) devrait réaliser, bien que modestement, le premier objectif de développement pour le Millénaire (ODM), qui est de réduire la pauvreté de moitié d’ici 2015.
  • La tranche de la population de la région vivant avec moins d’un dollar par jour a légèrement rétréci, passant de 1,69 % en 2002 à 1,47 % en 2004. La région compte aujourd’hui environ 4,4 millions de personnes vivant dans l’extrême pauvreté.
  • Plus important encore, le rythme de progression vers la réduction du nombre de personnes vivant avec moins de deux dollars par jour est lent. Cette tranche de la population n’a diminué que légèrement, de 21,7 % en 1990 à 19,7 % en 2004, même s’il est vrai que les progrès accomplis vers la fin de cette période étaient plus appréciables. Plus de 59 millions de personnes continuent de vivre avec moins de deux dollars par jour dans la région.


Progrès de la région vers la réalisation de l’ODM concernant la pauvreté, 1990-2004 ; prévision de 2015
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 Poverty

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  • La croissance réelle du PIB par habitant dans la région devrait s’établir à 3,2 % en 2006. On estime toutefois que le pays le plus pauvre de la région, le Yémen, enregistre de moins bons résultats, avec seulement 0,8 % de croissance en 2006.

États fragiles

  • La pauvreté dans le monde se concentre progressivement dans les États fragiles, qui s’entendent des pays dont les structures de gouvernance et les politiques sont particulièrement défaillantes. Les États et territoires fragiles de la région sont Djibouti, la Cisjordanie et Gaza, mais au regard de la taille plutôt modeste de leur population, ils ne représentent qu’une petite partie, bien que disproportionnée, des pauvres de la région.

Parité entre les sexes

  • Les progrès en matière d’égalité des sexes influent directement sur la réduction de la pauvreté et la croissance par l’augmentation du taux d’activité, de la productivité et du revenu des femmes, et par les effets positifs sur le bien-être des enfants.
  • Davantage de filles parviennent à surmonter des préjugés qui ne leur sont pas du tout favorables dans le domaine de l’éducation, même si la région MENA n’a pas atteint l’objectif de réaliser la parité entre les filles et les garçons au niveau du primaire et du secondaire en 2005. Le Yémen et Djibouti tombent dans le dernier quintile mondial au regard de cet indicateur. Plusieurs pays de la Region MENA sont parmi les moins bien classés en termes de rapport filles-garçons dans les taux de mortalité des moins de 5 ans.
Female to male literacy

Les ratios filles/garçons en matière d’alphabétisation sont bas dans la région, le plus faible étant celui du Yémen où seulement 60 jeunes femmes sont alphabétisées pour 100 jeunes hommes alphabétisés.

Bill Lyons, 2002 
  • En 2005, les femmes représentaient seulement 16 % des emplois rémunérés non agricoles en Algérie. Des proportions faibles ont également été enregistrées en Syrie (18 %), en Égypte (22 %), en Tunisie et en Jordanie (25 % respectivement) et au Maroc (26 %).
  • L’écart entre le taux d’activité des hommes et celui des femmes est des plus grands au monde. D’après les données issues des enquêtes sur les ménages, le taux d’activité des hommes représente 1,5 à 2 fois celui des femmes (20-49 ans). Pour la tranche des 20 à 24 ans, cet écart donne à penser que, à la différence de leurs pairs de sexe masculin, les jeunes femmes se heurtent à des obstacles lorsqu’il s’agit de bénéficier des avantages d’un niveau d’éducation plus élevé sur le marché de l’emploi.
  • Certes, la proportion de femmes représentées dans les parlements nationaux a doublé pendant les années 90, mais elle reste faible, avec une moyenne régionale de 6 % entre 2000 et 2005.
Progrès vers la réalisation des ODM liés au développement humain

Nutrition

  • Quatre pays de la région n’ont pas maintenu le cap sur l’objectif lié à la nutrition, à savoir le Yémen, l’Iraq, le Maroc et l’Algérie.

Éducation primaire pour tous

  • La région a enregistré des gains importants qui la placent sur la bonne voie pour atteindre l’objectif lié à l’accès universel à l’éducation primaire. Le taux d’achèvement du cycle scolaire primaire est passé de 77 % en 1990 à 89 % en 2004.
  • Derrière le taux moyen régional d’achèvement du cycle scolaire primaire se cachent toutefois quelques différences entre les pays. Par exemple, en Égypte, en Jordanie, en Iran, en Tunisie et en Syrie, ce taux dépassait 95 % en 2004, alors qu’au Yémen et en Iraq il était de 62 % et 74 % respectivement durant la même année. 
  • Les progrès dans ce domaine profitent aux pauvres dans certains pays. Le Maroc a accompli des progrès exceptionnels dans l’élargissement de l’accès à l’éducation de base à toutes les couches de la population. Entre 1992 et 2003-2004, la moyenne annuelle du taux d’achèvement du cycle primaire s’établissait à 9,3 % dans le quintile le plus démuni, à comparer à la moyenne représentant l’ensemble de la population qui était de 3,4 %.

Mortalité infantile

  • Plus de la moitié des pays de la région n’est pas en bonne voie au regard de l’objectif fixé dans ce domaine. L’Iraq a enregistré une forte augmentation du taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans, passant de 50 décès pour 1000 naissances vivantes en 1990 à 122 en 2005.
  • Des progrès appréciables sont perceptibles dans certains pays à revenu intermédiaire de la région : 
    • Passant de 104 décès pour 1000 naissances vivantes en 1990 à 49 pour 1000 en 2000 puis à 33 pour 1000 en 2005, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a baissé de 7,7 % en Égypte.
    • En Syrie, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est passé de 39 décès pour 1000 naissances vivantes en 1990 à 15 en 2005, soit une baisse de 6,6 %.
    • L’Égypte a accompli des progrès notables en réduisant l’écart entre le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans du quintile le plus riche et celui du quintile le plus pauvre. Au Maroc, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est trois fois plus élevé dans le quintile le plus pauvre, comparé à celui du quintile le plus riche, et ce ratio n’a guère évolué pendant la dernière décennie.

Santé maternelle

Certains pays affichent des progrès extraordinaires dans la proportion de naissances assistées par un personnel qualifié.

Au Maroc, la proportion de naissances assistées est passée de 30,8 % en 1992 à 62,6 % en 2003-2004 ; tandis qu’en Égypte elle est passée de 46,2 % en 1995 à 60,9 % en 2000.

Maternal Health
 

Ray Witlin

  • En Égypte et au Maroc, il existe très peu d’écart dans la réduction moyenne annuelle des décès d’enfants de moins de cinq ans entre le quintile le plus aisé et le quintile le plus démuni, ce qui indique que les pauvres bénéficient des progrès accomplis—même si beaucoup reste à faire pour combler cet écart.

Lutte contre les maladies

  • Le taux d’incidence de la tuberculose dans la région a légèrement régressé, passant de 66 cas pour 100 000 habitants en 1990 à 64 en 2004. En revanche, à Djibouti où l’incidence de cette maladie est élevée, ce taux est passé de 608 cas pour 100 000 habitants en 1990 à 734 en 2004 (au regard de la population de taille plutôt modeste du pays, cela ne représente au total que 6 000 cas).

Utilisation rationnelle des ressources

  • La région Moyen Orient et Afrique du Nord n’est pas sur la bonne trajectoire pour atteindre l’objectif relatif à l’approvisionnement en eau et à l’assainissement. Ce sont 35 % des pays de la région qui n’ont pas maintenu le cap en matière de couverture des services d’assainissement et 50 % concernant l’accès à un meilleur approvisionnement en eau. L’Égypte, la Tunisie et le Maroc ont cependant accompli des progrès rapides. 
  • La proportion de la population algérienne ayant accès à de meilleures sources d’approvisionnement en eau est passée de 94 % en 1990 à 83 % en 2004.
  • La région enregistre une forte augmentation en pourcentage des émissions de dioxyde de carbone issues de la combustion de combustibles fossiles et de la fabrication de ciment. En 2003, les émissions dans cette région étaient de 76 % supérieures aux niveaux de 1990.
  • La région a enregistré des taux d’épargne négatifs en 2005, si l’on tient compte de la dégradation des ressources naturelles, soit une variation de 14,5 points de pourcentage par rapport à 1990. Un taux d’épargne négatif (épargne nette corrigée, exprimée en pourcentage du RNB) est le signe qu’il n’est pas possible de maintenir les conditions de vie actuelles.

Place de la qualité dans les progrès vers la réalisation des ODM 

Si l’élargissement de l’accès à l’éducation et à la santé est particulièrement important, il n’en est pas moins de la place fondamentale qu’occupe la qualité.

  • Alors que plus de 96 % des enfants de la Suède, de la Lettonie et des Pays-Bas sont capables de lire à un niveau au-dessus du seuil minimal des tests de référence de l’OCDE concernant l’aptitude à écrire et à lire à l’âge de neuf ans, tel n’est pas le cas de la moitié des enfants marocains.

MDG

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Aide publique au développement
  • L’allégement de la dette de l’Iraq (14 milliards de dollars) représente plus de la moitié des 25 milliards de dollars d’augmentation de l’aide publique au développement (APD) accordée à l’ensemble des pays en développement. L’Iraq a par ailleurs bénéficié d’une augmentation de l’APD sous d’autres formes, de l’ordre de 3 milliards de dollars. 
  • L’APD octroyée à d’autres pays de la région en 2005 est inférieure de 12 %, comparée à 2004 et de 22 % par rapport à 2001. L’Égypte a enregistré la plus forte baisse. Le Yémen, seul pays à faible revenu de la région, a reçu en 2005 un volume d’APD plus important qu’en 2004, mais moins important qu’en 2001.
  • L’Arabie saoudite et d’autres bailleurs de fonds arabes ont plus que triplé leur quote-part d’APD depuis 2001.



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