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Amérique latine et Caraïbes

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Croissance et réduction de la pauvreté
  • Il est probable que la région Amérique latine et Caraïbes (LAC) s’approche du premier objectif de développement pour le Millénaire (ODM), qui est de réduire la pauvreté de moitié d’ici 2015.
  • La proportion de personnes vivant avec moins d’un dollar par jour dans la région n’a baissé que d’environ 9 % en 2002 à 8,6 en 2004, soit quelque 700 000 personnes sorties de la catégorie des pauvres vivant avec un dollar par jour. En valeur absolue, ce sont 47 millions de personnes qui continuent de vivre dans la pauvreté extrême.  Des progrès rapides ont également été accomplis dans la réduction de la proportion de personnes vivant avec moins de deux dollars par jour entre 2002 et 2004.

Progrès de la région vers la réalisation de l’ODM concernant la pauvreté, 1990-2004 ; prévision de 2015
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 Poverty

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  • Bien que n’affichant pas des taux de croissance par habitant aussi élevés que ceux des autres régions en développement, les pays de la région continuent d’enregistrer une croissance solide, estimée à près de 4 % en 2006, quasiment le double de la croissance moyenne par habitant des années 90. La croissance a été nettement plus lente dans les pays à faible revenu de la région.

États fragiles

  • La pauvreté se concentre progressivement dans les États fragiles—où les structures de gouvernance, les politiques et les capacités sont particulièrement défaillantes. À Haïti, le seul État fragile de la région, les défis à relever ont trait à la  gouvernance, la pauvreté persistante, l’inégalité, le chômage et la violence.

Parité entre les sexes 

  • Les progrès en matière d’égalité des sexes influent directement sur la réduction de la pauvreté et la croissance par l’augmentation du taux d’activité, de la productivité et du revenu des femmes, et par les effets positifs sur le bien-être des enfants.
  • Dans la région, le nombre de filles scolarisées aux niveaux du primaire, du secondaire et du tertiaire dépasse celui des garçons. Dans plusieurs pays toutefois, l’écart dans la scolarisation est favorable aux garçons au sein des communautés autochtones et de descendance africaine. 
  • Le succès de l’éducation des femmes commence à se traduire par l’augmentation du taux d’activité des femmes. Bien que s’établissant à 60 % ou moins (2000-2004), le taux d’activité moyen des femmes (20-49 ans) a progressé sensiblement au cours des deux dernières décennies. 
  • S’il est vrai que le taux d’activité des femmes est faible, elles représentent cependant 40 % des emplois rémunérés non agricoles en 2005—ce qui traduit une large ouverture du marché de l’emploi aux femmes dans l’industrie et les services.
  • La proportion de femmes représentées dans les parlements nationaux s’est élargie pendant les années 90, mais elle reste faible. Pour la période entre 2000 et 2005, la moyenne régionale s’élève à 16 %.
Progrès vers la réalisation des ODM liés au développement humain

Nutrition

  • Certains pays de la région n’ont pas maintenu le cap dans ce domaine. Des taux élevés de malnutrition et de carence en oligoéléments sont observés à Haïti et au Honduras (17 % des enfants de moins de cinq ans présentant une insuffisance pondérale en 2000 et 2001 respectivement), ainsi qu’au Guatemala (23 % en 2003).

Éducation primaire pour tous

Education in Bolivia

Partie d’un niveau relativement élevé et ayant soutenu un rythme de progression très accéléré, la région est en passe de réaliser l’objectif de l’éducation primaire pour tous.

La Bolivie est un exemple de pays à faible revenu ayant atteint cet objectif récemment.

 

  • Au Pérou, la moyenne annuelle du taux d’achèvement de l’éducation primaire observée ces dernières est largement favorable aux pauvres. Entre 2000 et 2004, elle s’élevait à 6,1 % pour le quintile le plus démuni, contre 1,4 % en moyenne pour l’ensemble de la population.

Mortalité infantile

  • La région est en passe de réduire la mortalité infantile de deux tiers à l’horizon 2015, même s’il est vrai que quelques pays restent à la traîne. Les écarts sont importants : Haïti comptait 117 décès pour 1000 naissances vivantes en 2004, et le Chili n’en comptait que huit.
  • Le Pérou a accompli des progrès remarquables, ramenant le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans de 41 décès pour 1000 naissances vivantes en 2000 à 27 en 2005. 
  • En Colombie, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans dans le quintile le plus démuni est de 39,1 % (15,1 % dans le quintile le plus aisé) – preuve que l’inégalité des revenus se reflète dans la mortalité infantile.

Santé maternelle

  • En tenant compte du niveau de développement de nombre de pays de la région, il apparaît que les taux de mortalité maternelle affichés restent supérieurs aux niveaux qu’on pourrait escompter, avec 194 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2000. Les données étant très peu disponibles dans plusieurs pays, il est difficile de suivre les progrès au fil du temps.
  • Le Nicaragua a enregistré des progrès exceptionnels s’agissant de l’augmentation du nombre de naissances effectuées sous assistance médicale, passant de 64,6 % en 1997 à 89,7 % en 2003-2004. 
  • L’incidence de l’inégalité des revenus sur l’accès à l’accouchement assisté par un personnel qualifié est perceptible en Colombie où 72 % des naissances sont effectuées sous l’assistance médicale d’un personnel qualifié dans le quintile le plus démuni, contre 99,3 % dans le quintile le plus nanti. 
  • Toutefois, le taux de mortalité maternelle élevé est souvent lié à la qualité instable de la prestation fournie plutôt qu’à la couverture insuffisante des services d’accouchement assisté. 

Pour réduire le taux de mortalité maternelle, le Honduras a suivi avec succès une stratégie à quatre volets : i) la formation des accoucheuses traditionnelles à l’identification des grossesses à haut risque et à la prise en charge des cas d’urgence obstétrique ; ii) le renforcement des effectifs et des structures d’accueil dans les zones reculées ; iii) l’amélioration des soins obstétriques d’urgence dans les dispensaires des zones rurales et des districts ; et iv) l’amélioration des moyens de transport d’urgence et de communication.

Maternal Health Honduras
Le pays a également introduit la surveillance améliorée pour déterminer la cause de tous les décès maternels enregistrés. Toutes ces actions ont contribué à réduire de moitié le taux de mortalité maternelle au Honduras pendant la dernière décennie, y compris dans les zones les plus reculées et les plus démunies. (Danel, 1999 ; Ransom et Yinger, 2002).

Lutte contre les maladies

  • Il est possible d’inverser la tendance à la propagation du VIH, comme l’indiquent les données de la Barbade et d’autres pays où les taux de prévalence ont reculé ces dernières années.
  • Le taux d’incidence de la tuberculose dans la région est passé de 103 cas pour 100 000 habitants en 1990 à 64 en 2004. Certains pays réalisent des progrès notables – le taux d’incidence de la tuberculose à Haïti est passé de 484 cas pour 100 000 habitants en 1990 à 306 en 2004 ; tandis qu’au Pérou ce taux a baissé de 394 cas pour 100 000 habitants en 1990 à 178 en 2004.
  • La vaccination contre la rougeole couvre les pauvres dans de nombreux pays, y compris la Bolivie et le Pérou. En Bolivie, la couverture moyenne annuelle contre cette maladie (1998-2003) s’établissait à 5,5 % pour le quintile le plus démuni (la moyenne de l’ensemble de la population étant de 4 %).

Utilisation rationnelle des ressources

  • La région a atteint l’objectif visé en matière d’approvisionnement en eau. Au nombre des pays ayant obtenu de bons résultats figurent le Paraguay, l’Équateur et El Salvador. Au Paraguay, l’accès à des services améliorés d’approvisionnement en eau est passé de 62 % en 1990 à 86 % en 2004.
  • La région est sur la bonne trajectoire pour atteindre l’objectif lié à l’assainissement. Cependant, étant la région en développement la plus urbanisée, ses progrès dans ce domaine sont relativement lents. 
  • Les pays qui, entre 1990 et 2004, affichent de bons résultats d’élargissement de la couverture des services d’assainissement sont notamment le Guatemala (de 58 % en 1990 à 86 en 2004), l’Équateur (de 63 % à 89 %), la République dominicaine (de 52 % à 78 %), le Paraguay (de 58 % à 80 %) et le Mexique (de 58 % à 79 %).

Place de la qualité dans les progrès vers la réalisation des ODM

Si l’élargissement de l’accès à l’éducation et à la santé est particulièrement important, il n’en est pas moins de la place fondamentale qu’occupe la qualité.

  • En 2005, un test administré par une organisation non gouvernementale (ONG) auprès d’un échantillon d’établissements scolaires péruviens pour pauvres a révélé que la moitié des élèves de la deuxième année du primaire n’était pas capable de lire un seul mot d’un texte simple de la première année (Cotlear 2006). 
  • Une étude sur le Mexique et le Paraguay fait état du faible niveau de la qualité des soins de santé. Dans bien des cas, les cliniciens réalisent régulièrement des diagnostics erronés et administrent des traitements inappropriés pour des maladies courantes, non pas par manque de formation ou de médicaments mais pour n’avoir pas fait l’effort nécessaire pour réaliser le bon diagnostic. (Leonard, Masatu et Vialou, 2005).

MDG

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Aide publique à la réalisation des ODM
  • En 2005, l’aide publique au développement (APD) à la région Amérique latine et Caraïbes a atteint son plus bas niveau depuis 2000. Le Nicaragua et la Bolivie, deux pays parmi les plus pauvres de la région, ont enregistré les plus fortes baisses, tandis que l’APD octroyée à Haïti et aux pays les plus pauvres de la région a quasiment doublé. 
  • Les financements non concessionnels accordés par la Banque mondiale à la région, aussi bien au secteur public (BIRD) que privé (SFI), ont augmenté en 2006, après deux années de décaissements bruts d’un niveau relativement bas. Cette augmentation est la première d’un niveau élevé en période de relative stabilité financière. 



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