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Asie de l'Est et Pacifique

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Croissance et réduction de la pauvreté
  • La rĂ©gion Asie de l’Est et Pacifique (EAP) est l’une des principales locomotives de la rĂ©duction de la pauvretĂ© dans le monde. Grâce Ă  une croissance spectaculaire au cours de la dĂ©cennie Ă©coulĂ©e, la rĂ©gion a toutes les chances de rĂ©duire Ă  2,5 % d’ici 2015, le nombre de personnes vivant dans la pauvretĂ© extrĂŞme (dĂ©passant de loin l’objectif de 15 % visĂ©).
  • Le nombre absolu de personnes vivant dans la pauvretĂ© extrĂŞme en Asie de l’Est a baissĂ© de 226,8 millions (2002) Ă  169,1 millions (2004).
  • On estime Ă  4,7 % le taux de croissance du PIB par habitant des pays Ă  faible revenu de la rĂ©gion EAP en 2006. La Chine demeure Ă  la tĂŞte des pays qui affichent les meilleurs rĂ©sultats, avec un taux de croissance par habitant estimĂ© Ă  9,1 % en 2006. L’accroissement des inĂ©galitĂ©s demeure cependant une source de prĂ©occupation dans ce pays.

Progrès de la région vers la réalisation de l’ODM concernant la pauvreté, 1990-2004 ; prévision de 2015
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États fragiles

  • Le Viet Nam qui ne fait plus partie de la catĂ©gorie des États fragiles a dĂ©marrĂ© des rĂ©formes Ă©conomiques axĂ©es sur l’économie de marchĂ©. 
  • Le Timor-Leste, un des États de la rĂ©gion Ă  ĂŞtre encore considĂ©rĂ© comme fragile, a perdu 70 % de ses installations de santĂ© durant le retrait des troupes indonĂ©siennes bien que quelques-unes aient Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ©es depuis lors. Les premiers succès d’une stratĂ©gie qui a consistĂ© Ă  Ă©tablir la collaboration entre le secteur public et les ONG dans la prestation de services Ă  court terme et l’investissement Ă  long terme dans le système de santĂ© national, pourraient stimuler l’action de bailleurs de fonds intervenant dans d’autres États fragiles.

Parité entre les sexes

  • La rĂ©gion EAP a quasiment rĂ©alisĂ© l’objectif d’éliminer la disparitĂ© entre les sexes dans l’éducation primaire et secondaire. Au dĂ©but des annĂ©es 90, toutes les filles en âge d’y ĂŞtre frĂ©quentaient l’école primaire.  Grâce Ă  l’augmentation rĂ©cente du nombre de filles inscrites, la paritĂ© entre les sexes a pu ĂŞtre rĂ©alisĂ©e dans le secondaire. Il reste toutefois que dans le tertiaire, la situation est dĂ©savantageuse pour les filles.
  • Environ 80 % des femmes âgĂ©es de 24 Ă  49 ans font partie de la population active de la rĂ©gion EAP. En 2005, la part des femmes dans les emplois rĂ©munĂ©rĂ©s non agricoles (indicateur du degrĂ© d’ouverture du marchĂ© du travail aux femmes dans l’industrie et les services) s’élevait Ă  39 %. 
  • La proportion de femmes au sein des parlements nationaux reste très faible, la moyenne rĂ©gionale n’ayant augmentĂ© que de 18 % en 1990 Ă  environ 19 % en 2005. 
  • La sĂ©lection prĂ©natale en fonction du sexe du fĹ“tus crĂ©e une asymĂ©trie dans le ratio filles/garçons en Asie de l’Est, le nombre de garçons dĂ©passant celui des filles chez les enfants de zĂ©ro Ă  quatre ans. En Chine, le rapport de masculinitĂ© des naissances se situait autour de 107 garçons pour 100 filles en 1982 (la moyenne « normale » se situe entre 104 et 106 garçons pour 100 filles dans la majoritĂ© des populations) ; avec l’expansion rapide de l’avortement sĂ©lectif en fonction du sexe du fĹ“tus dans la dĂ©cennie 80, ce ratio est montĂ© en flèche pour atteindre près de 120 garçons pour 100 filles en 2005.
Progrès vers la réalisation des ODM liés au développement humain

En plus d’être sur le point d’atteindre l’objectif de l’éducation primaire pour tous, la région de l’Asie de l’Est se trouve quasiment sur la bonne voie pour réduire la mortalité infantile, bien que la moyenne régionale occulte les vastes disparités qui existent entre les pays, plus de la moitié d’entre eux étant mal engagés pour atteindre les objectifs visés. Certains pays ont cependant sensiblement amélioré la santé maternelle.

Nutrition

  • Certains pays de la rĂ©gion se sont Ă©cartĂ©s de l’objectif Ă  atteindre dans le domaine de la nutrition. Les niveaux de malnutrition les plus Ă©levĂ©s se retrouvent au Cambodge (45 % en 2000), en IndonĂ©sie (28 % en 2000), en RĂ©publique dĂ©mocratique populaire lao (40 % en 2000) et aux Philippines (28 % en 2003). 
  • Le Viet Nam prĂ©sente des signes de progrès sur le front de la nutrition avec une baisse de la proportion d’enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondĂ©rale passĂ©e de 45 % (au dĂ©but des annĂ©es 90) Ă  28 % (en 2003).

Éducation primaire pour tous

  • ComparĂ©e aux autres rĂ©gions, la rĂ©gion EAP enregistre une croissance forte sans ce domaine.
  • L’évolution au Cambodge est rapide, le taux d’achèvement dans le primaire Ă©tant passĂ© de 46,6 % (2000) Ă  92,3 % (2003), soit une augmentation annuelle de 15 % environ. 
  • L’objectif de l’éducation primaire pour tous est atteint en IndonĂ©sie.

Mortalité infantile

  • Dans plusieurs pays, des progrès remarquables sont accomplis pour rĂ©duire le taux de mortalitĂ© infantile. Le Timor-Leste et la RĂ©publique dĂ©mocratique populaire lao sont les deux seuls États fragiles au monde en bonne voie pour atteindre l’objectif liĂ© Ă  la rĂ©duction de la mortalitĂ© infantile. 
  • Au Timor-Leste, le taux de mortalitĂ© des enfants de moins de cinq ans a baissĂ© de 177 pour 1 000 naissances vivantes en 1990 Ă  107 en 2000 et Ă  61 en 2005, soit un recul annuel de 7,1 %. Dans le cas du Viet Nam, le pays est passĂ© de 53 pour 1 000 naissances vivantes Ă  19 dans la mĂŞme pĂ©riode avec une baisse annuelle de 6,8 %. La Mongolie et la RĂ©publique dĂ©mocratique populaire lao prĂ©sentent aussi des signes de progrès notables avec 5,3 et 4,8 % de baisse annuelle, respectivement, entre 1990 et 2005.

Mortalité maternelle

Le taux de mortalité maternelle s’est nettement amélioré dans quelques pays.

Des progrès impressionnants ont été réalisés en Indonésie dans les soins aux femmes lors de l’accouchement, le pourcentage d’accouchements assistés par un personnel qualifié passant de 49,1 % en 1997 à 66,2 % en 2002/2003, soit une croissance annuelle de 17 %. Le Viet Nam pour sa part enregistre une forte évolution dans ce domaine, passant de 77 % en 1997 à 90 % en 2004.

Tran Thi Hoa 

Lutte contre les maladies

  • Les premiers signes de baisse de la prĂ©valence du VIH Ă  l’échelle nationale sont enregistrĂ©s dans moins de 10 pays du monde dont la ThaĂŻlande et le Cambodge.  L’expĂ©rience de la ThaĂŻlande comporte des leçons : les premières interventions de l’État se sont concentrĂ©es sur la prĂ©vention au sein des groupes Ă  risque Ă©levĂ© et sur la mise Ă  disposition de la thĂ©rapie antirĂ©trovirale Ă  un prix abordable.
  • Dans certains pays, on compte toujours un faible niveau de protection contre le paludisme. En 2000, seulement 57,3 % des enfants de moins de cinq ans du quintile le plus pauvre au Cambodge bĂ©nĂ©ficiaient de moustiquaires imprĂ©gnĂ©es d’insecticide, contre plus de 80 % dans le quintile le plus riche. 
Dans les pays à incidence forte bénéficiant d’un taux de couverture élevé du traitement directement observable à court terme (DOTS), on assiste à une baisse notable de la tuberculose.
 
Au Cambodge, l’incidence est passée de 584 cas pour 100 000 habitants en 1990 à 510 en 2004 ; l’Indonésie passant de 343 cas pour 100 000 habitants à 245 au cours de la même période.

Utilisation rationnelle des ressources

  • La rĂ©gion est presque sur la bonne voie pour atteindre les objectifs relatifs Ă  l’eau et l’assainissement, mais le rythme accĂ©lĂ©rĂ© de l’urbanisation pose un dĂ©fi Ă  l’approvisionnement en eau et Ă  d’autres services d’utilitĂ© publique. 
  • Au Viet Nam, d’importants progrès ont permis d’accroĂ®tre l’accès Ă  de meilleurs services d’approvisionnement en eau, passant de 65 % de la population en 1990 Ă  85 % en 2004, et l’accès Ă  de meilleurs services d’assainissement passĂ©s de 36 Ă  61 % durant la mĂŞme pĂ©riode.
  • La Chine est le deuxième plus grand producteur mondial de gaz carbonique issu de la combustion de combustibles fossiles et de la fabrication de ciment.
CO2

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  • Les Ă©missions mondiales de CO2 produites par la combustion de combustibles fossiles et la fabrication de ciment ont augmentĂ© de quatre milliards de tonnes entre 1990 et 2003. 
  • La plus grande partie de cette augmentation s’est faite dans les pays Ă  revenu Ă©levĂ© (2,09 milliards de tonnes) et dans la rĂ©gion AEP (2,07 milliards de tonnes).
  • Le taux d’émission par habitant en Chine a augmentĂ© de 30 % entre 1990 et 2002 (bien que cela ne reprĂ©sente qu’une part infime, comparĂ©e aux Ă©missions imputables aux pays Ă  revenu Ă©levĂ©).

Place de la qualité dans les progrès vers la réalisation des ODM 

Bien que l’élargissement de l’accès à l’éducation et la santé reste extrêmement important, la place de la qualité n’en demeure pas moins est fondamentale. 

  • Les pays en dĂ©veloppement font l’expĂ©rience d’incitations plus fortes en faveur des rĂ©sultats au sein de leurs systèmes de santĂ© publique. Une des approches suivies consiste Ă  recourir Ă  des contrats de prestation de services de santĂ© privĂ©s. La première expĂ©rience la mieux Ă©valuĂ©e dans ce domaine est celle du Cambodge, sur laquelle Loevinsohn et Haring (2005) concluent que le système de contrat de prestation de services en matière de soins de santĂ© primaire est efficace et peut apporter des amĂ©liorations rapides.
Aide publique au développement
  • L’aide publique au dĂ©veloppement (APD) accordĂ©e Ă  la rĂ©gion a augmentĂ© en 2005 d’un tiers environ, retrouvant son niveau de 2002 et de la pĂ©riode antĂ©rieure Ă  cette date. La grande partie de cette augmentation due aux ressources d’aide humanitaire consĂ©cutive au tsunami de dĂ©cembre 2004 est revenue Ă  l’IndonĂ©sie. 
  • Le Viet Nam continue d’être l’un des plus grands bĂ©nĂ©ficiaires de l’APD (1,9 milliard de dollars) devancĂ© uniquement par l’IndonĂ©sie avec 2,5 milliards de dollars. Des progrès importants sont aussi accomplis au Viet Nam en vue d’harmoniser et d’aligner les programmes d’aide de nombreux bailleurs de fonds.

Plusieurs pays non membres du Comité d’aide au développement (CAD) dont certains sont de la région de l’Asie de l’Est augmentent leur assistance aux pays pauvres.

La République de Corée a triplé son aide publique au développement entre 2001 et 2005, et entend poursuivre sur cette lancée au moyen d’un ambitieux programme d’intensification de l’aide. En 2005, la Chine a été le troisième pays donateur d’aide alimentaire au monde et se positionne de plus en plus comme important créancier de l’aide étrangère en Afrique.

China-Aid
Photo: Curt Carnemark



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