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Aide, allégement de la dette et commerce : Concrétiser les engagements pris

Aide

L’aide publique au développement à l’échelle mondiale a poursuivi sa progression en 2005, mais a régressé en 2006.

  • L’aide au développement a atteint un sommet de 106,8 milliards de dollars en 2005, cette augmentation étant toutefois due, pour l’essentiel, à l’allégement de la dette. Les premières données semblent indiquer que l’aide totale a baissé en 2006, passant à environ 103,9 milliards de dollars. Cette situation jette un doute sur la réalisation de l’objectif d'un doublement de l’aide à l’Afrique d’ici 2010. 
  • Tout un ensemble de pays en développement bailleurs de fonds accroissent leur aide aux pays pauvres, et le volume de cette aide devrait augmenter. L’aide fournie par des pays tels que la Corée, le Mexique et la Turquie est susceptible de doubler d’ici à 2010, pour atteindre plus de 2 milliards de dollars. Des pays comme le Brésil, la Chine, l’Inde, la Fédération de Russie et l’Afrique du Sud deviennent d’importants pourvoyeurs d’aide — la Chine a été le troisième bailleur d’aide alimentaire du monde en 2005 et elle s’impose rapidement comme le principal créancier extérieur de l’Afrique.
  • Les apports d’aide des particuliers ont plus que doublé pendant la période 2001-2005, atteignant 14,7 milliards de dollars.

La concentration de l’aide dans un petit nombre de pays ne va pas dans le sens de l'action menée pour intensifier globalement l'effort de réalisation des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM). 

  • La concentration actuelle de l’aide sur une poignée de pays se traduit par une croissance réelle négligeable ou nulle de cette aide dans la majorité des pays. Entre 2001 et 2005, les volumes réels d’aide ont augmenté de plus de 50 %, mais cette forte hausse n'a profité qu'à 16 des 81 pays admis à emprunter à l'Association internationale de développement (IDA), un peu plus de la moitié des pays bénéficiaires de l'aide de l'Association enregistrant, eux, une baisse de l'aide reçue durant cette période. 
  • Cinq ans après la conférence de Monterrey et près de deux ans après Gleneagles, il existe peu de raisons de penser que la réalisation des ODM en Afrique a bénéficié d’une aide accrue. Les dernières données montrent qu’au-delà de l’allègement de la dette et des initiatives spéciales, la plupart des pays d’Afrique subsaharienne n'ont pas accès à une aide accrue pour appuyer leurs projets et programmes de développement.

Des données encourageantes indiquent que l'aide est accordée de façon de plus en plus sélective, en fonction des besoins (pauvreté) et de la qualité des politiques (gouvernance).

Des progrès tangibles ont été accomplis au plan de l’harmonisation et de l’alignement des bailleurs de fonds.

  • Les deux tiers des bailleurs de fonds membres du Comité d’aide au développement accordent une priorité stratégique à la mise en œuvre de la Déclaration de Paris de 2005 sur l’efficacité de l’aide, et une dynamique de l'effort de suivi des progrès accomplis dans ce domaine est en train de naître. 
  • Selon l’enquête de référence 2006 sur le suivi de la Déclaration de Paris, 43 % de l’aide est actuellement fournie par le biais d'approches fondées sur les programmes, telles que l’appui budgétaire direct et les approches sectorielles. Un quart des missions sont réalisées de façon conjointe, tout comme la moitié à peu près des travaux d’analyse sur les pays. 

Allégement de la dette

Le sommet 2005 du G8 tenu à Gleneagles a été suivi par une année décisive pour l’allégement de la dette. L’IDA (Banque mondiale), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAfD) ont mis en œuvre l’Initiative d’allègement de la dette multilatérale (IADM), qui allégera la dette d’environ 50 milliards de dollars. En mars dernier, la Banque interaméricaine de développement a approuvé un allégement de la dette (dans le cadre de l’IADM) à hauteur de 4,4 milliards de dollars.

  • À ce jour, 22 pays ont bénéficié de l’IADM, laquelle a permis d'alléger la dette d’environ 38 milliards de dollars en valeur nominale. L’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), toujours en cours, a par ailleurs enregistré des progrès substantiels. Trente PPTE ont atteint le point de décision — 22 ont depuis accédé au point d’achèvement — et bénéficient d’un allégement de leur dette au 31 mars 2007.

Commerce

En 2006, le commerce mondial a continué à enregistrer une forte hausse, à l'image de ces dernières années.

  • Les exportations des pays en développement ont continué à croître plus rapidement que la moyenne mondiale, augmentant de 22 %. Les résultats commerciaux sont le fruit de la poursuite de réformes commerciales unilatérales. Les tarifs douaniers moyens des pays en développement ont diminué, passant d’environ 16 % en 1997 à 11 % en 2006. 
  • En raison de la baisse régulière des droits de douane, les barrières commerciales ont globalement baissé ces dernières années. À l’exception de plusieurs pays africains, les pratiques commerciales de la plupart des économies sont moins restrictives qu’en 2000.

Un créneau étroit existe pendant le premier semestre 2007 pour s'entendre sur les principaux éléments d’un accord dans le cadre des négociations du Cycle de Doha. 

Rôle des institutions financières internationales

L’aide concessionnelle accordée par les institutions financières internationales aux pays à faible revenu marque aujourd'hui le pas.

  • En 2006, les cinq banques multilatérales de développement ont décaissé 43 milliards de dollars, soit 20 % de plus qu'en 2005. Les décaissements bruts d'aide non concessionnelle ont augmenté de 29 %, atteignant 32 milliards de dollars, soit leur plus haut niveau depuis 1999. Après la forte croissance des décaissements bruts d'aide concessionnelle enregistrée depuis 2000, les flux ont atteint un peu plus de 11 milliards de dollars en 2004, leur plafond, avant de baisser légèrement en 2005-2006. 
  • En termes de flux globaux d’aide publique au développement, les apports des banques multilatérales de développement ont considérablement diminué depuis 1998, passant à 6,5 % ; il est important que le rythme de croissance des contributions à ces banques n'ait pas une incidence négative sur l’importance relative de ces institutions à l’avenir. 
  • L’allégement de la dette au titre de l’IADM peut avoir des répercussions sur la capacité future de financement des institutions financières internationales, surtout dans le cas de la BAfD et de l’Association internationale de développement de la Banque mondiale, qui ont accordé des allégements de dette portant sur une période de 40 ans. L’IDA, la BAfD et le FMI ont déjà accordé un allégement initial irrévocable d'environ 38 milliards de dollars, le coût total de cette opération devant atteindre une cinquantaine de milliards de dollars.

D’importantes mesures sont certes prises dans nombre de domaines relatifs à l’harmonisation et à l’alignement, notamment le recours à des stratégies conjointes ou collaboratives d’aide-pays, mais il ne faudra pas relâcher l'effort pour atteindre les objectifs de résultat de 2010.




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