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Fiche d’information: Promouvoir l’équité entre les sexes et l’autonomisation des femmes

Pourquoi appeler l’attention sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

  • Tout porte à croire que l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes contribuent à la réalisation d’autres objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) – assurer l’éducation primaire pour tous, réduire la mortalité des enfants de moins de cinq ans, améliorer la santé maternelle, réduire le risque d’infection par le VIH.
  • L’instauration d’une plus grande équité entre les sexes contribue à la réduction de la pauvreté et à la croissance de manière à la fois directe, de par l’accroissement du taux d’activité, de la productivité et des revenus des femmes qu’elle induit, et indirecte, du fait de ses effets bénéfiques sur le bien-être des enfants.

Progrès accomplis au regard des indicateurs officiels de suivi des ODM

Les taux de scolarisation des filles, tous niveaux confondus, ont fortement augmenté ; des inégalités demeurent entre les garçons et les filles en matière d’alphabétisation.

  • En 2005, 83 pays en développement avaient atteint l’ODM intermédiaire 3, relatif à la parité en matière de scolarisation dans les établissements du primaire et du secondaire. La plupart de ces pays sont situés dans des régions où les taux de scolarisation ont toujours été élevés – Asie de l’Est et Pacifique (EAP), Europe et Asie centrale (ECA), Amérique latines et Caraïbes (LAC).
    • En 2005, la plupart des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) ont atteint l’objectif intermédiaire. Toutefois, dans certains d’entre eux, le nombre de filles scolarisées est encore nettement inférieur à celui des garçons.
    • En Afrique subsaharienne (SSA), les résultats sont plus nuancés ; moins d’un quart des pays de la région ont atteint l’objectif visé à l’horizon 2005 en matière de scolarisation, mais plusieurs d’entre eux enregistrent des taux de scolarisation identiques chez les garçons et les filles (c’est le cas du Botswana, du Rwanda et de l’Afrique du Sud).
  • Sur les 14 États fragiles pour lesquels on dispose de données, neuf ne parviendront sans doute pas à atteindre les objectifs visés en matière de scolarisation dans les établissements primaires et secondaires.
  • Le taux d’inscription des femmes dans les établissements de l’enseignement supérieur était inférieur à celui des hommes dans 63 pays (sur les 130 pour lesquels on dispose de données), et supérieur dans 65 autres pays. C’est principalement en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud (SAS) et dans les États fragiles que les taux d’inscription des femmes sont les plus faibles.
  • Les progrès enregistrés dans le temps en matière d’acquisition des bases de la lecture et de l’écriture et de scolarisation ont entraîné une hausse des taux d’alphabétisation chez les jeunes de 15 à 24 ans. Toutefois, le déséquilibre entre les hommes et les femmes demeure. Ainsi, sur les quelque 137 millions de jeunes analphabètes recensés dans le monde, 63 % sont des femmes (estimation de l’UNESCO). C’est en Afrique subsaharienne, dans la région MENA et en Asie du Sud-Est que le taux d'alphabétisation des femmes en fonction de celui des hommes est le plus faible.
  • Pour atteindre les objectifs restants en matière d’éducation, il faudra tenir compte des aspects suivants :
    • Les États fragiles et plusieurs autres pays ne parviendront probablement pas à atteindre l’objectif visé en matière de scolarisation – sur les 22 pays qui, selon toute vraisemblance ne pourront pas atteindre cet objectif y compris en 2015, on compte 16 pays d’Afrique subsaharienne, dont neufs sont des États fragiles.
    • À l’intérieur d’un même pays, les groupes défavorisés ou exclus n’apparaissent que lorsque les statistiques sont ventilées par revenus, race, appartenance ethnique, handicap et zones urbaines/rurales.
    • Il faut tenir compte des taux de scolarisation (en particulier dans les établissements secondaires), et pas seulement du taux de parité hommes-femmes.
    • Il existe des disparités entre les sexes en matière de transition entre un cycle d’enseignement et le suivant.

Une augmentation modeste de la part des femmes dans l’emploi salarié non agricole (1990-2005)

  • Cet indicateur, qui permet de déterminer dans quelle mesure les marchés du travail sont ouverts aux femmes dans les secteurs des industries et des services, n’a mis en évidence que des améliorations modestes. C’est particulièrement vrai dans les régions où la part des femmes dans l’emploi salarié non agricole est la plus faible – Afrique subsaharienne (de 20 à 24 %), Asie du Sud (de 13 à 18 %), région MENA (de 18 à 20 %).
  • En 2005, la part des femmes dans l’emploi non agricole était élevée dans les régions ECA (44,5 %) et LAC (43 %) et en Asie de l’Est (39 %). Dans 15 pays (pour la plupart situés en Europe et en Asie centrale), les femmes occupent une position dominante dans ce type d’emplois. Au Cambodge, au Honduras et au Viet Nam, la croissance enregistrée dans le secteur des industries manufacturières axées sur l’exportation a entraîné une augmentation de la demande de main d’œuvre féminine.

Entre 1990 et 2005, la représentation des femmes au sein des institutions parlementaires nationales a augmenté dans toutes les régions, à l’exception de l’Europe de l’Asie centrale, mais demeure néanmoins faible.

  • Si la représentation des femmes au sein des parlements nationaux a quasiment doublé en Afrique subsaharienne (passant de 7,5 à 15,1 %) et sensiblement augmenté dans la région MENA et en Asie du Sud-Est, elle reste globalement faible. En effet, elle est inférieure à 25 % dans l’ensemble des régions considérées, comme c’était déjà le cas en 1990.
  • Dans les pays qui appliquent des quotas en faveur des femmes (Argentine, Costa Rica, Mozambique, Rwanda et Afrique du Sud, entre autres), la représentation des femmes au sein des parlements est comparable à celle enregistrée dans les pays nordiques. Cela étant, les quotas ne peuvent à eux seuls garantir l’accroissement de la participation des femmes. Dans ce domaine, la mise en œuvre et l’application des règles en vigueur revêtent une importance primordiale.

Une amélioration sensible des taux de parité hommes/femmes en matière de scolarisation, mais une progression modeste de la part des femmes dans l’emploi salarié non agricole et de leur participation à la vie politique, 1990-2005

Gender

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Renforcer le suivi en matière d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes

  • Le rapport indique que les indicateurs officiels de suivi de l’ODM 3 sont insuffisants pour suivre les progrès réalisés dans ces deux domaines. En effet, ces indicateurs:
    • ne rendent que partiellement compte de la situation en matière d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes dans le domaine de l’éducation, de l’emploi et de la participation la vie politique;
    • ne s’appliquent pas à des composantes clés de l’égalité des sexes comme la situation sanitaire des femmes et les disparités liées à l’accès aux ressources productives;
    • sont mieux adaptés à l’évaluation de la situation en matière d’égalité des sexes – droits, accès aux ressources, capacité des femmes à faire entendre leur voix – que d’autonomisation des femmes.
  • Le rapport préconise d’ajouter à ces indicateurs cinq indicateurs supplémentaires établis sur la base de données d’ores et déjà disponibles:
    • taux de réussite scolaire des garçons et des filles à l’issue du cycle primaire;
    • taux de mortalité chez les filles et garçons de moins de cinq ans;
    • pourcentage de femmes en âge de procréer qui utilisent, ou dont les partenaires sexuels utilisent des moyens de contraception modernes;
    • pourcentage de filles âgées de 15 à 19 ans qui ont déjà eu un enfant ou attendent leur premier enfant;
    • taux d’activité chez les femmes et les hommes de 20 à 24 ans et de 25 à 49 ans.

Aide internationale en faveur de la promotion de l’égalité des sexes

  • Depuis la conférence mondiale sur les femmes tenue à Beijing en 1995, les ressources consacrées à la réalisation des objectifs d’égalité des sexes, en particulier dans les domaines sociaux, n’ont cessé d’augmenter. À l’heure actuelle, un quart de l’aide bilatérale sectorielle – soit quelque 5 milliards de dollars/an – est affecté à des projets axés sur l’égalité des sexes.
  • Pourtant, en dépit de l’engagement résolu des bailleurs d’aide en faveur de ces objectifs, les résultats sur le terrain ont été décevants. Neuf organismes bailleurs d’aide ont procédé à des autoévaluations qui mettent en évidence un décalage entre la théorie à la pratique.
  • Les banques multilatérales de développement ont mis en place des systèmes qui permettent de suivre les progrès accomplis dans l’intégration des politiques d’égalité des sexes. Ces systèmes montrent que la progression est modeste mais régulière. La Banque africaine de développement, la Banque interaméricaine de développement et la Banque mondiale ont récemment adopté des plans d’action pour l’égalité des sexes qui visent à renforcer l’efficacité et la dimension stratégique des politiques d’intégration des questions d’égalité des sexes.
  • Les progrès ont été plus importants dans le domaine social (en particulier dans les secteurs de la santé et de l’éducation) que dans les secteurs productifs comme l’agriculture, les infrastructures et le développement du secteur privé.
  • On s’accorde largement à reconnaître que l’engagement des responsables au plus haut niveau et l’apport de compétences techniques et de ressources financières adéquates demeurent les éléments clés du succès des politiques d’égalité des sexes que financent les bailleurs de fonds.



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