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Croissance, pauvreté et viabilité écologique

Dans l’ensemble, le monde atteindra l’ODM 1 consistant à réduire de moitié la pauvreté.

  • D’après les prévisions, la proportion de la population des pays en développement touchée par la pauvreté absolue baissera, passant de 29 % en 1990 à 12 % en 2015. En 2004, le nombre de personnes vivant avec moins d’un dollar par jour est tombé à 985 millions, soit 18 % de la population du monde en développement. Environ 135 millions d’habitants des pays à faible revenu ont été arrachés à la pauvreté absolue entre 1999 et 2004.
  • La région Moyen-Orient et Afrique du Nord est en bonne voie pour atteindre la cible de l’objectif de développement pour le Millénaire (ODM) relatif à la pauvreté, laquelle consiste à réduire de moitié, à l’horizon 2015, le nombre de personnes vivant avec moins d’un dollar par jour. La région Asie du Sud devrait également atteindre cette cible avant 2015, bien qu’en raison de la forte croissance démographique, le nombre de personnes qui y vivent dans la pauvreté absolue n’ait pas beaucoup changé. La cible a déjà été atteinte dans la région Asie de l’Est et Pacifique. La région Amérique latine et Caraïbes et la région Europe et Asie centrale risquent de ne pas atteindre cette cible. L’Afrique subsaharienne demeure loin de la cible et il est peu probable qu’elle l’atteigne.
  • Les progrès accomplis en Afrique se soldent par de meilleurs résultats depuis la fin des années 90, la proportion de la population régionale qui vit dans la pauvreté absolue ayant baissé de 4,7 points de pourcentage en cinq ans, pour s’établir à 41 % en 2004. Toutefois, en raison de la forte croissance démographique, le nombre absolu de pauvres est resté le même en 2004 qu’en 1999, soit près de 300 millions. À l’échelle planétaire, l’Afrique subsaharienne abrite désormais 30 % de la population mondiale vivant dans la pauvreté absolue, contre 19 % en 1990 et 11 % seulement en 1981.
  • Dans la région Europe et Asie centrale, 42 millions de personnes sont passés au-dessus du seuil de pauvreté de deux dollars par jour — mesure plus largement acceptée d’évaluation de la pauvreté dans ce climat froid — entre 1999 et 2004, ce qui correspond à une réduction de près de moitié du total de la population pauvre. Cependant, le nombre de personnes qui continuent de vivre sous le seuil de pauvreté de deux dollars par jour est plus élevé qu’en 1990, c’est-à-dire avant l’effondrement de nombre de ces économies en transition. Moins de 1 % de la population de la région Europe et Asie centrale — ou 4,4 millions de personnes — vivait avec moins d’un dollar par jour en 2004.
  • Les régions Asie de l’Est et Asie du Sud ont été le moteur de la croissance et de la réduction de la pauvreté à l’échelle mondiale au cours des dix dernières années, et cette tendance se poursuit. Le taux de pauvreté absolue de la région Asie de l’Est et Pacifique (y compris la Chine) s’élevait à 9 % en 2004, contre 32 % pour la région Asie du Sud.

La croissance rapide enregistrée à l’échelle mondiale en 2006 permet d’être optimiste quant aux efforts déployés pour contribuer à la réalisation des ODM.

  • En ce qui concerne les pays à faible revenu, dans la période suivant l’année 2000, la croissance réelle du revenu par habitant a été plus forte qu’à tout autre moment depuis les années 60 en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, et depuis la transition dans le cas des pays d’Europe et d’Asie centrale. En 2006, le produit intérieur brut (PIB) par habitant des pays à faible revenu s’est accru à un taux moyen d’environ 5,9 %, suivant une tendance à la reprise amorcée dans les années 90. 
  • Les pays à revenu intermédiaire ont continué d’enregistrer de forts taux de croissance — estimés à 6,2 % en 2006 —, la Chine et les pays de la région Europe et Asie centrale affichant des taux encore plus élevés, soit 9,1 % et 10 % respectivement.
  • L’un des facteurs expliquant ces résultats est l’adoption de saines politiques macroéconomiques, tel que démontré par la réalisation continue de taux modérés d’inflation et l’amélioration des politiques financières dans certains pays à faible revenu. La réduction du ratio d’endettement au PIB, qui tient en partie à l’annulation de la dette accordée par les bailleurs de fonds, a également contribué à améliorer les perspectives budgétaires.

Dans les pays à faible revenu, les estimations préliminaires donnent à penser qu’en moyenne, la croissance a clairement débouché sur une réduction de l’incidence de la pauvreté : pour un échantillon de 19 pays à faible revenu, une croissance de 1 % du PIB par habitant a été associée à une baisse de 1,3 % du taux de pauvreté absolue et à une réduction de 0,9 % du pourcentage de la population vivant sous le seuil de pauvreté de deux dollars par jour. 

  • L’ajout de l’actif naturel au capital physique et humain dans la définition de la richesse fait craindre que les niveaux actuels d’épuisement et de dégradation des ressources naturelles risquent de compromettre la durabilité d’une forte croissance, tout particulièrement dans les pays en développement. À titre illustratif, en Afrique subsaharienne la création nette de richesse a été effectivement nulle au cours des trois dernières décennies, période pendant laquelle la population totale a plus que doublé.

La pauvreté absolue est de plus en plus concentrée dans les États fragiles, définis comme ceux caractérisés tout particulièrement par des institutions fragiles et des politiques médiocres. Ces États et territoires1  abritent 9 % des habitants des pays en développement, mais près de 27 % de la population touchée par la pauvreté absolue. Il s’ensuit que la résolution des problèmes qui leur sont propres est essentielle pour atteindre les ODM.

  • En outre, les problèmes auxquels sont confrontés les États fragiles ont des répercussions dans les pays voisins, sous forme de conflit, de flux de réfugiés, de criminalité organisée, de propagation d’épidémies, et d’obstacles aux échanges et à l’investissement.
  • Les conflits sont l’une des principales raisons pour lesquelles les pays sombrent dans la fragilité, et ils coûtent cher en termes de pertes de vies humaines et de dégâts matériels, tout en freinant la croissance et en accentuant la pauvreté. Dans les pays à faible revenu les conflits ont certes baissé en nombre, mais ils sont devenus plus courts et plus intenses qu’avant, avec une incidence négative moyenne sur la croissance du PIB d’environ 12 % de réduction par année de conflit.
  • Il s’avère que la fragilité des États est une situation chronique. Des 34 États jugés fragiles en 1980, 21 étaient encore considérés comme tels en 2005, même si parmi ces derniers, six étaient sortis de la situation de fragilité avant d’y retomber plus tard.

Il existe néanmoins des modèles de succès : le Viet Nam, le Mozambique et l’Ouganda ont tous connu de violents conflits graves, mais ils sont parvenus à faire cesser les hostilités et ils ont par la suite enregistré une croissance économique, grâce à l’adoption de programmes de réformes dirigées et axées sur le marché. 
 

  • L’aide est tout particulièrement importante dans les États fragiles, car elle constitue la principale source de moyens de financement du développement. Les institutions multilatérales ne fournissent toutefois que 8 % des flux totaux émanant des pays développés, le reste provenant de sources bilatérales.


1 La liste des États et territoires considérés comme « fragiles » selon la définition de la Banque mondiale change fréquemment. Les 35 États et territoires appartenant à cette catégorie en 2005 étaient les suivants : Afghanistan, Angola, Burundi, Cambodge, République centrafricaine, Tchad, Comores, République démocratique du Congo, République du Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Érythrée, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Haïti, Kosovo, République démocratique populaire lao, Libéria, Mauritanie, Myanmar, Nigéria, Papouasie-Nouvelle-Guinée, São Tomé-et-Principe, Sierra Leone, Îles Salomon, Somalie, Soudan, Timor-Leste, Togo, Tonga, Ouzbékistan, Vanuatu, Cisjordanie et Gaza, et Zimbabwe.

 





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